" Dans l'univers émergent, le marché russe est probablement le plus ouvert et le plus liquide"

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(NEWSManagers.com) - Alexandre Starinsky, responsable de la recherche chez Kaltchuga Capital Management

La société de gestion établie au Luxembourg Kaltchuga Capital Management, qui a développé une très forte expertise sur le marché russe, affiche des actifs sous gestion de quelque 200 millions d'euros. Elle espère doubler de taille dans les deux ans, notamment avec son fonds phare Kaltchuga Fund-Russia Equities.


NewsManagers : Vous travaillez pour Kaltchuga Capital Management, une société de gestion d' actifs créée il y a environ cinq ans et focalisée sur le marché russe. Pourquoi cette spécialisation?


Alexandre Starinsky: C' est très simple. Les fondateurs de la société sont tous des passionnés du marché russe et certains comme moi d' origine russe. Après quelques incursions dans l' industrie, l' immobilier, le capital risque et les marchés financiers, ils ont lancé leur premier fonds d' investissement en 1994 afin de participer au programme de privatisations russe. Autrement dit, nous avons acquis une certaine expérience en gestion d' actifs avant même la création que vous évoquez.


NewsManagers: Il y a donc cinq ans ?


A.S. : En 2005 le marché russe est devenu marché réglementé ce qui nous a permis d' établir à Luxembourg Kaltchuga Capital Management S.A. avec un statut de société de gestion régulée. Et en 2007, nous avons créé une nouvelle structure Ucits III de droit luxembourgeois, Kaltchuga Fund SICAV.


NM: Comment se présente désormais votre offre ?


A.S. : Nous proposons actuellement trois fonds. Tout d' abord, le Kaltchuga Fund-Russia Equities, autorisé à la commercialisation en France par l' AMF, qui est donc un compartiment du fonds ombrelle évoqué plus haut. Créé en 2000, il se concentre sur des investissements long only dans les grandes capitalisations russes liquides. Depuis décembre 2000, il a dégagé un rendement net annualisé de plus de 27% contre 20,6% pour l' indice MSCI Russia. Ce fonds a une liquidité hebdomadaire et, un passage en liquidité quotidienne est en voie d' obtention.


NM: Quel est le montant de vos actifs sous gestion?


A.S. : En tenant compte des mandats dédiés, nous gérons au total quelque 200 millions de dollars, dont environ 100 millions de dollars dans le Kaltchuga Fund-Russia Equities. Nous espérons doubler de taille dans les deux ans. Notre connaissance du marché russe devrait nous y aider, mais également le potentiel de ce marché.


NM: Quels sont justement les atouts du marché russe?


A.S. : La Russie est une économie simple à comprendre. C' est une économie émergente en transition qui est en train de rattraper son retard sur les pays développés. Les exportations vont demeurer la source principale de capital pour l' économie russe, à savoir non seulement les exportations vers l' Europe mais également vers la Chine, de plus en plus présente dans le commerce extérieur russe. Dans ce contexte, la consommation va continuer de croître et l' investissement, parent pauvre des vingt dernières années, devrait repartir à la hausse. Les seuls besoins en infrastructures, certes pas aussi spectaculaires qu' en Chine, représentent jusqu' à 100 milliards de dollars sur la période 2011-2015.


NM: Beaucoup d' investisseurs sont toutefois réticents vis-à-vis du marché russe en raison de la corruption et des droits limités des actionnaires?


A.S. : La corruption subsiste, c' est vrai, mais ne constitue pas, de mon point de vue, un frein à la croissance. Il est vrai aussi que de nombreuses entreprises, dans l' univers des sociétés semi-étatiques, ne sont pas toujours très transparentes. Peut-on pour autant rester à l' écart de ces grands groupes? Je ne le crois pas. Mais il existe aussi un immense vivier de sociétés bien gérées et transparentes. Et elles ont subi un vrai stress test pendant la crise de 2008. Les entreprises ont bien résisté, notamment parce que les banques occidentales ont joué le jeu et ont restructuré leurs créances Dans l' univers émergent, le marché russe est probablement le plus ouvert et le plus liquide. Et les valorisations restent intéressantes, notamment par rapport aux autres marchés émergents.


NM: On évoque souvent le risque inflationniste?


A.S. : Je dirai que la Russie est un pays riche en ressources naturelles, qui constituent le meilleur rempart contre l' inflation. Il ne faut pas non plus s' attendre à des croissances à deux chiffres comme en Chine. Non, le principal risque, de mon point de vue, c' est le risque politique. Outre que le départ de Vladimir Poutine pourrait susciter quelques incertitudes, la corruption évoquée plus haut pourrait aussi provoquer des impatiences dans la population. J' ai néanmoins le sentiment que les dirigeants russes sont de plus en plus sensibles à cette problématique et ont sérieusement commencé à changer les choses.

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