Dans l'Hérault, un château classé en quête d'un destin touristique

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À Montagnac, France Pierre lance le «Country Club Résidence», censé attirer le gratin des golfeurs fortunés.

À Montagnac, dans l'ouest de l'Hérault, entouré de 185 hectares de buis, oliviers et chênes truffiers, le château de Lavagnac, datant du XVIIe siècle, connu sous le nom de «petit Versailles du Languedoc», devrait basculer dans le XXIe.

Le promoteur immobilier France Pierre a lancé la commercialisation de 650 logements haut de gamme et d'un golf de 18 trous qui sortiront de terre entre 2016 et 2020. Le produit de la vente du «Country Club Résidence», censé attirer le gratin des golfeurs fortunés européens, devrait représenter 500 millions d'euros au bénéfice du promoteur. «Nous allons avant tout faire travailler des sociétés locales», promet Antonio de Sousa, PDG fondateur de France Pierre. Devant un parterre d'entrepreneurs et de personnalités de la région, l'annonce a ravi. Mais, à Montagnac (3 500 habitants), on n'oublie pas que depuis trente ans les projets se sont succédé sans pour autant aboutir.

Le château, classé monument historique, se transmet par héritage jusqu'en 1986, lorsqu'une société japonaise le rachète. Projet d'hôtellerie de luxe, de restaurant étoilé... Rien ne semble trop beau pour la société Nippon Sangyoo, qui s'était portée acquéreuse d'une dizaine d'autres châteaux en France... Las, elle ne fera jamais rien à Montagnac, pas plus qu'ailleurs. Elle fut en outre accusée de piller le patrimoine, organisant des ventes du mobilier et laissant à l'abandon les châteaux qu'elle était censée sauver de la ruine.

Conscientes de la richesse patrimoniale de ce site, les autorités locales se sont mises en quête d'un acquéreur. Durant plusieurs années, les projets ont grandi tout comme les promesses. La crise économique de 2008 freine toutefois les appétits des futurs exploitants, dont les frères Cox - créateurs des Hard Rock Cafes - et ralentit les investissements.

Aujourd'hui l'espoir renaît:: «Nous nous adressons à une clientèle européenne, notamment scandinave et hollandaise», affirme Claude Cayla, dirigeant de Catella Residential, une entreprise cotée à la Bourse de Stockholm, chargée de la commercialisation du domaine de Lavagnac. À ce jour, le promoteur France Pierre, qui revendique un chiffre d'affaires de 280 millions d'euros, explique avoir déjà investi quelque 25 millions d'euros dans le projet entre le rachat, les aménagements et la construction de maisons témoins. «J'ai des fonds propres que je suis capable d'apporter sans souci. Je bénéficie par ailleurs du soutien du CIC et de la Caixa Geral de Depositos (équivalent portugais de la Caisse des dépôts et consignations, NDLR).»

Les travaux doivent durer quatre ans avec une première tranche de 125 logements livrable au deuxième semestre 2016. La quête d'un exploitant pour le restaurant étoilé installé près du château semble une priorité. L'intervention, plus périlleuse, d'un investisseur capable d'injecter une quarantaine de millions d'euros pour la transformation du château en hôtel de 72 suites est attendue à moyen terme. Pour la partie logement, le prix d'un studio de 32m2 s'élève à 220 000 euros ; celui d'une villa de 260m2 à 1,7 million. Le prix à payer pour conjurer le mauvais ½il qui a veillé jusqu'à présent sur le domaine de Lavagnac.

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