Dans ce petit coin de Bretagne, le lavoir sert encore, même en plein hiver

le
0
Dans ce petit coin de Bretagne, le lavoir sert encore, même en plein hiver
Dans ce petit coin de Bretagne, le lavoir sert encore, même en plein hiver

Il pleut des cordes, mais il en faudrait bien plus pour décourager Anne et Noëlla, 68 ans, de se rendre au lavoir. Equipées de coupe-vent, de tabliers et de gants de vaisselle, ces deux habitantes de Trévé, dans les Côtes-d'Armor, déchargent bassines, brosses et savon de Marseille du coffre de leur voiture. Cela fait plus de trente-cinq ans que ces cousines lavent leurs vêtements en plein air, même lorsque les températures sont négatives.

 

«Ça fait les muscles»

 

Comme elles, une douzaine d'habitantes reproduisent les gestes de leurs mères et de leurs grands-mères. «Il y a souvent des enfants qui passent et nous demandent si on n'a pas de machine, explique Anne, en souriant. On en a une mais on préfère venir ici !» Noëlla trempe chaque vêtement dans le bassin et les pose ensuite à plat sur le rebord. Puis elle les frotte énergiquement avec un cube de savon de Marseille. Peu à peu, l'eau du bassin devient laiteuse. «Ça fait les muscles», plaisante-t-elle. 

 

Anne vient deux ou trois fois par semaine et reste en général une demi-heure. «C'est pratique, économique et efficace. Le linge est bien plus propre que lorsqu'il sort de la machine, qui, contrairement à nous, ne frotte pas les taches», assure-t-elle. La lavandière n'a pas hésité à nettoyer la robe de mariée de sa fille au lavoir. «Quand j'ai dit ça à la dame du pressing, elle n'en revenait pas.»

 

Le petit-fils d'anne viendra aussi

 

Anne ne craint pas de plonger les mains dans le bassin, car, même en plein hiver, l'eau du lavoir, qui est continuellement alimenté par une source, ne gèle pas. «Elle est entre 10 et 12 degrés, la température idéale pour laver la laine. À 30 degrés, ça feutre», explique sérieusement Anne, très à cheval sur le soin à apporter au linge. Le lavoir, qui a la particularité d'être surélevé, fait la fierté de la commune qui l'a rénové en 1955 et 2008.

 

«Autrefois, on y lavait les ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant