Daniel Ortega favori pour un troisième mandat au Nicaragua

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    par Enrique Pretel et Ivan Castro 
    MANAGUA, 6 novembre (Reuters) - Ancien guérillero converti 
aux bienfaits de l'économie de marché, homme politique le plus 
populaire au Nicaragua, le président Daniel Ortega sollicite ce 
dimanche un troisième mandat présidentiel de cinq ans, et sa 
victoire fait peu de doute. 
    Selon un sondage de M&R Consultants publié mardi, le 
candidat du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) 
obtiendrait 69,8% des suffrages, contre 8,1% à Maximino 
Rodriguez, candidat du Parti libéral constitutionnaliste (PLC) 
de droite.      
    A 70 ans, Daniel Ortega peut s'enorgueillir de présider aux 
destinées d'un pays certes pauvre, mais stable et doté d'une 
croissance économique régulière depuis dix ans. Les 
investissements étrangers affluent dans le petit pays d'Amérique 
centrale où, inexistants il y a quelques années, des centres 
commerciaux flambant neufs, des hôtels sont construits. 
    Depuis son retour au pouvoir, en 2006, après une décennie 
dans l'opposition, le PIB par habitant au Nicaragua a augmenté 
de 67%, selon la Banque mondiale. Il se situait en 2015 à 2.087 
dollars. 
    "Aujourd'hui plus que jamais nous avons besoin de préserver 
la paix, la stabilité et de nouveaux progrès dans la lutte 
contre la pauvreté, la pauvreté extrême", a-t-il dit lors d'une 
campagne axée sur la défense des acquis sociaux. 
    Mais tout le monde ne partage pas cet avis et les 
détracteurs de Daniel Ortega voient en lui un autocrate aux 
tendances despotiques et adeptes du népotisme.   
    On dit de lui qu'il a la mainmise sur l'appareil judiciaire, 
la police et les forces armées. Il a nommé de nombreux proches à 
des postes clés et fait adopter un changement de la Constitution 
levant la limite au nombre de mandats présidentiels. 
     
    L'OPPOSITION DIVISÉE 
    Ses rivaux l'accusent de mettre en place une dynastie 
similaire à celle des Somoza que le jeune Ortega et les 
Sandinistas renversèrent en 1979. Le rôle grandissant de son 
épouse, Rosario Murillo, qui se présente à ses côtés aux 
suffrages des électeurs au poste de vice-présidente, est 
particulièrement critiqué par l'opposition. 
    "Ortega s'impose et peu lui importe s'il viole les droits 
des autres", a dénoncé Maximino Rodriguez dans une interview à 
Reuters.  
    "Il est supposé avoir combattu la dictature d'(Anastasio) 
Somoza, mais les sandinistes eux-mêmes le cataloguent 
aujourd'hui comme étant pire que Somoza", ajoute le candidat du 
Parti libéral constitutionnaliste (PLC), un ancien des 
"Contras", groupe paramilitaire d'extrême droite engagé contre 
les sandinistes dans les années 1980. 
    La campagne d'Ortega a été facilitée par l'éclatement du 
Parti libéral indépendant (PLI), principale formation de 
l'opposition qui s'est divisée entre les partisans de ses deux 
chefs rivaux, Pedro Reyes et Eduardo Montealegre. Les partisans 
de ce dernier, désavoué en justice, ont été exclus du parti. Ils 
présentent Reyes comme une "marionnette" d'Ortega. 
    Les Etats-Unis et des organisations internationales comme la 
Commission inter-américaine des droits de l'homme (CIDH) ont 
fait part de leur préoccupation après l'exclusion des 
pro-Montealegre mais s'inquiètent aussi du refus d'Ortega 
d'accepter que des observateurs internationaux assistent au 
processus électoral, pour lequel 4,3 millions de Nicaraguayens 
sont inscrits. 
 
 (Gilles Trequesser et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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