Daniel Ortega en passe d'être triomphalement réélu au Nicaragua

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 (Actualise les derniers résultats) 
    par Enrique Pretel et Ivan Castro 
    MANAGUA, 7 novembre (Reuters) - Ancien guérillero converti 
aux bienfaits de l'économie de marché, homme politique le plus 
populaire au Nicaragua, le président Daniel Ortega semble bien 
parti pour remporter haut la main un troisième mandat 
présidentiel de cinq ans. 
    Après dépouillement dans 66,3% des bureaux de vote, le 
candidat du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) 
obtient 72,1% des suffrages, contre 14,2% à Maximino Rodriguez, 
candidat du Parti libéral constitutionnaliste (PLC) de droite. 
    L'annonce de ces résultats provisoires de l'élection de 
dimanche par la commission électorale a été accueillie par des 
cris de joie des partisans du FSLN qui sont descendus dans la 
rue pour célébrer la réélection d'Ortega.       
    A 70 ans, Daniel Ortega peut s'enorgueillir de présider aux 
destinées d'un pays certes pauvre, mais stable et doté d'une 
croissance économique régulière depuis dix ans. Les 
investissements étrangers affluent dans le petit pays d'Amérique 
centrale où, inexistants il y a quelques années, des centres 
commerciaux flambant neufs, des hôtels sont construits. 
    Depuis son retour au pouvoir, en 2006, après une décennie 
dans l'opposition, le PIB par habitant au Nicaragua a augmenté 
de 67%, selon la Banque mondiale. Il se situait en 2015 à 2.087 
dollars. 
    Mais tout le monde ne partage pas cet avis et les 
détracteurs de Daniel Ortega voient en lui un autocrate aux 
tendances despotiques et adepte du népotisme.   
    On dit de lui qu'il a la mainmise sur l'appareil judiciaire, 
la police et les forces armées. Il a nommé de nombreux proches à 
des postes clés et fait adopter en 2014 un changement de la 
Constitution levant la limite au nombre de mandats 
présidentiels. 
     
    L'OPPOSITION DIVISÉE 
    Ses rivaux l'accusent de mettre en place une dynastie 
similaire à celle des Somoza que le jeune Ortega et les 
Sandinistas renversèrent en 1979. Le rôle grandissant de son 
épouse, Rosario Murillo, qui se présente à ses côtés aux 
suffrages des électeurs au poste de vice-présidente, est 
particulièrement critiqué par l'opposition. 
    "Ortega s'impose et peu lui importe s'il viole les droits 
des autres", a dénoncé Maximino Rodriguez dans une interview à 
Reuters.  
    "Il est supposé avoir combattu la dictature d'(Anastasio) 
Somoza, mais les sandinistes eux-mêmes le cataloguent 
aujourd'hui comme étant pire que Somoza", ajoute le candidat du 
Parti libéral constitutionnaliste (PLC), un ancien des 
"Contras", groupe paramilitaire d'extrême droite engagé contre 
les sandinistes dans les années 1980. 
    La campagne d'Ortega a été facilitée par l'éclatement du 
Parti libéral indépendant (PLI), principale formation de 
l'opposition qui s'est divisée entre les partisans de ses deux 
chefs rivaux, Pedro Reyes et Eduardo Montealegre. Les partisans 
de ce dernier, désavoué en justice, ont été exclus du parti. Ils 
présentent Reyes comme une "marionnette" d'Ortega. 
    Les Etats-Unis et des organisations internationales comme la 
Commission inter-américaine des droits de l'homme (CIDH) ont 
fait part de leur préoccupation après l'exclusion des 
pro-Montealegre mais s'inquiètent aussi du refus d'Ortega 
d'accepter que des observateurs internationaux assistent au 
processus électoral, pour lequel 4,3 millions de Nicaraguayens 
sont inscrits. 
 
 (Gilles Trequesser et Henri-Pierre André pour le service 
français, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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