Damas veut reprendre Alep avant l'investiture de Trump

le , mis à jour à 17:37
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 (Actualisé avec déclarations, détails, contexte) 
    par Laila Bassam et Ellen Francis 
    BEYROUTH, 29 novembre (Reuters) - L'armée syrienne et ses 
alliés accentuent leur pression sur les quartiers rebelles 
d'Alep-Est, étant fermement décidés à reprendre le contrôle de 
toute la ville avant que Donald Trump entre en fonction le 20 
janvier, a indiqué un responsable de l'alliance militaire 
soutenant le régime de Damas, mardi. 
    Ce responsable a toutefois reconnu que la prochaine phase de 
cette entreprise de reconquête pourrait se révéler plus délicate 
car elle va concerner des quartiers plus densément peuplés. 
    Les rebelles ont perdu au cours des derniers jours environ 
un tiers de la zone orientale qu'ils contrôlaient et les combats 
ont désormais gagné le sud-est de la ville. 
    "On ne constate pas de nouvelle progression (des forces 
gouvernementales), mais les bombardements et les affrontements 
sont toujours acharnés, notamment à Aziza", a dit à Reuters un 
responsable du groupe rebelle Djabha Chamiya. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 
l'"opposition a perdu plus du tiers de la partie d'Alep qui 
était sous son contrôle." Le ministère russe de la Défense a 
pour sa part évalué à 40% la zone "libérée" par les forces 
gouvernementales. Les conditions de vie des civils s'y sont 
considérablement améliorées, affirme-t-il. 
    "Au cours des 24 dernières heures, grâce à des initiatives 
très bien préparées, les militaires syriens ont pu changer 
radicalement la situation", assure le général Igor Konachenko, 
porte-parole du ministère, dans un communiqué.  
    Plus de 80.000 civils, dont plusieurs dizaines de milliers 
d'enfants, ont pu avoir accès à l'aide humanitaire russe, 
poursuit-il, affirmant qu'ils étaient utilisés depuis des années 
comme boucliers humains "par des terroristes de toutes 
tendances". 
    "Les Russes veulent achever l'opération avant que Trump 
entre en fonction", a commenté un responsable de l'alliance 
militaire pro-gouvernementale. Jusqu'à présent, le calendrier de 
la reconquête se montrait plus mesuré afin d'éviter un 
changement de position des Etats-Unis dans le conflit syrien, 
a-t-il ajouté. 
     
    DÉSINTÉRÊT AMÉRICAIN 
    Les rebelles font le constat que l'administration américaine 
ne s'intéresse pas à la Syrie, a commenté un représentant des 
rebelles. Assad et ses alliés "tentent d'exploiter les 
circonstances actuelles et malheureusement les Etats occidentaux 
ne peuvent rien faire", a-t-il déploré. 
    Le ton se veut pourtant alarmiste du côté des puissances 
occidentales et des Nations unies. La France a demandé mardi la 
tenue d'une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité pour 
évoquer la "catastrophe humanitaire" en cours. 
    "Plus que jamais, il y a urgence à mettre en œuvre une 
cessation des hostilités et à permettre un accès sans entrave de 
l'aide humanitaire", dit le chef de la diplomatie française dans 
un communiqué. Jean-Marc Ayrault ajoute que Brita Hagi Hasan, 
président des conseils locaux d'Alep, sera reçu mercredi au Quai 
d'Orsay.   
    "Je ne peux pas le nier... Il y a clairement un emballement 
militaire et je ne peux pas vous dire combien de temps Alep 
tiendra", a quant à lui reconnu l'émissaire de l'Onu Staffan de 
Mistura, devant le Parlement européen.  
    Selon Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint des 
Nations unies aux affaires humanitaires, les derniers combats à 
Alep ont fait 16.000 déplacés.  
    Les raids menés dans la nuit par l'aviation syrienne à Bab 
al Naïrab alors que des civils tentaient de fuir ont fait 25 
morts, rapporte la Défense civile, un service de secours de la 
partie orientale d'Alep. L'OSDH fait quant à lui état de dix 
tués, mais s'attend à ce que ce bilan s'alourdisse. Il dit 
ignorer si les victimes sont ou non des déplacés.           
    "La peur d'une élimination collective est très intense", a 
par ailleurs rapporté un médecin d'Alep-Est. Tous les hôpitaux y 
sont hors service et les réserves de nourriture pratiquement 
épuisées.  
 
 (Tom Perry; Eric Faye et Pierre Sérisier pour le service 
français) 
 
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