Damas nie viser des civils, accuse les USA de se tromper de cible

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BEYROUTH, 28 novembre (Reuters) - Les autorités syriennes ont rejeté les accusations du département américain d'Etat selon lequel les forces syriennes ont intentionnellement visé des civils cette semaine dans la province de Rakka, le bastion en Syrie des djihadistes de l'Etat islamique. "L'Armée arabe syrienne ne vise pas de civils et ne le fera pas", a assuré tard jeudi soir le ministre de l'Information, Omran al Zoubi, cité par l'agence officielle de presse Sana. Washington, a-t-il ajouté, tire ses informations d'"organisations terroristes" qui opèrent en Syrie comme l'Etat islamique ou le Front al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda. Les bombardements sur Rakka ont été rapportés par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition et basé en Grande-Bretagne, qui s'appuie sur un réseau de sources en Syrie. D'après l'OSDH, les frappes de l'aviation civile mardi contre la province de Rakka ont fait 95 morts parmi la population civile. A Washington, le département d'Etat s'est dit "horrifié" par ces bombardements qui ont tué "des dizaines de civils" et "détruit des quartiers résidentiels". Pour le ministre syrien de l'Information, "le département d'Etat ferait mieux de témoigner de son respect pour les âmes des victimes américaines tombées sous les mains des terroristes de l'organisation Daech (ndlr, l'Etat islamique) au lieu de lancer des accusations fabriquées à l'encontre de l'Etat syrien confronté depuis des années au terrorisme". Trois otages américains, les journalistes James Foley et Steven Sotloff et le fondateur d'une ONG humanitaire, Peter Kassig, ont été assassinés par les djihadistes depuis le début des bombardements américains contre des cibles de l'EI en Irak, le 8 août. "Chacun doit choisir entre deux options, poursuit Zoubi: Soit vous êtes du côté du terrorisme, de Daech, du Front al Nosra et des autres, soit vous luttez contre le terrorisme." Depuis le début du conflit syrien, en mars 2011, les Nations unies estiment que 200.000 personnes ont perdu la vie. Des opposants à Bachar al Assad affirment que le bilan véritable est beaucoup plus lourd. L'OSDH rapporte de son côté que depuis le 20 octobre, les frappes aériennes de l'armée syrienne ont tué 527 civils, dont 120 enfants. Sur cette période, ajoute l'Observatoire, l'armée syrienne a procédé à 1.755 sorties. Dans un peu moins de la moitié de ces raids, les forces syriennes ont eu recours à des barils d'explosifs, bourrés de TNT et de pièces métalliques et largués sans aucune précision possible. (Sylvia Westall; Henri-Pierre André pour le service français)

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