Damas ne veut pas discuter du sort d'Assad à Genève

le , mis à jour à 12:24
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    * "Nous avons pour seul mandat de parvenir à un gouvernement 
national élargi", dit le négociateur de Damas 
    * L'opposition a ajourné sine die sa participation aux 
négociations 
    * L'émissaire de l'Onu se donne la semaine avant de faire le 
point 
    * Le Kremlin appelle à la poursuite des discussions de 
Genève 
 
    par Suleiman Al-Khalidi 
    AMMAN, 19 avril (Reuters) - Le chef de la délégation du 
gouvernement syrien aux négociations de Genève a déclaré mardi 
matin que le sort du président Bachar al Assad ne pouvait pas 
être discuté dans ce cadre, portant un nouveau coup à un 
processus diplomatique déjà vacillant. 
    Bachar Djaafari a ajouté que l'objectif poursuivi par Damas 
à Genève était de parvenir à un gouvernement élargi sous la 
présidence d'Assad qui maintiendrait les institutions actuelles 
du pays. 
    "A Genève, nous avons pour seul mandat de parvenir à un 
gouvernement national élargi, c'est notre mandat, c'est 
l'objectif auquel nous aspirons dans les pourparlers de paix de 
Genève", a-t-il dit à la chaîne de télévision libanaise Al 
Mayadine. 
    "Ce sujet (ndlr, la présidence) ne relève pas de la 
compétence de Genève, c'est une affaire syro-syrienne, Conseil 
de sécurité ou non", a-t-il poursuivi, précisant avoir exprimé 
ces positions à Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de l'Onu 
pour la Syrie qui tente de maintenir à flot les négociations à 
Genève. 
    Le Haut Comité des négociations (HCN) de l'opposition 
syrienne a annoncé lundi qu'il ajournait sa participation aux 
négociations de Genève, sans pour autant la suspendre ou y 
mettre fin, pour protester contre l'escalade militaire et 
l'aggravation de la situation humanitaire. 
    "Nous voulons de véritables négociations, pas un simulacre 
de négociations", déclarait lundi soir à Reuters le négociateur 
Mohammed Allouch. 
    Un des négociateurs du HCN, George Sabra, a confirmé mardi 
matin sur la chaîne Orient TV que cet "ajournement" était sans 
limitation dans le temps et que la suite dépendrait de 
l'évolution de la situation sur le terrain. Il a également fait 
part des "lourds griefs" de l'opposition à l'égard des 
Etats-Unis qui, dit-il, cherche à prolonger les négociations 
"sans que nous n'obtenions quoi que ce soit". 
    "Il n'y a pas de date, a-t-il dit, la date, c'est la mise en 
oeuvre des sur le terrain et, de même, l'ajustement de la voie 
des négociations. Tant que cela ne s'appliquera pas, la 
calendrier restera ouvert." 
     
    LES DÉLÉGATIONS N'ONT "PAS BOUGÉ D'UN IOTA" 
    La situation en Syrie, où l'accord de "cessation des 
hostilités" censé faciliter la reprise des discussions est de 
plus en plus théorique, s'est encore dégradée avec la reprise de 
combats lundi dans les régions de Lattaquié, de Homs et de Hama 
notamment.  ID:nL5N17L1PR  
    Staffan de Mistura s'est donné la semaine pour poursuivre 
ses discussions avec toutes les parties impliquées et a annoncé 
qu'il ferait le point vendredi.  
    "C'est une manière pour eux d'exprimer leur mécontentement 
et leur inquiétude face à qu'ils considèrent comme une 
dégradation conséquente de la situation humanitaire et de 
l'environnement sécuritaire, en particulier à Alep", commentait 
le diplomate italo-suédois lundi soir. 
    "Ils nous ont cependant fait part de leur intention de 
rester à Genève (...) et peut-être, sur ma suggestion, de 
poursuivre des discussions techniques avec mon équipe et moi." 
    De Mistura a toutefois reconnu que les deux parties 
n'avaient "pas bougé d'un iota" depuis le début des négociations 
appuyées par l'Onu. 
    Adoptée en décembre à l'unanimité, la résolution 2254 du 
Conseil de sécurité appelle à la mise en place dans les six mois 
d'une "gouvernance crédible, inclusive et non sectaire", à 
l'élaboration d'une nouvelle constitution et à la tenue 
d'élections "libres et régulières, conformément à la nouvelle 
constitution" dans les dix-huit mois. 
    "Nous ne permettrons pas qu'un vide constitutionnel 
s'installe", a prévenu Djaafari. "Qu'est-ce que cela signifie ? 
Que l'armée reste en l'état et que les institutions de l'Etat 
continuent de fonctionner." 
    L'opposition estime elle qu'après cinq ans de conflit, une 
restructuration de l'armée et de l'appareil de sécurité est une 
condition essentielle vers l'établissement d'une Syrie 
démocratique. 
    Le chef des négociateurs de Damas a par ailleurs accusé 
l'opposition soutenue par les Occidentaux de chercher un 
effondrement de la Syrie et de vouloir plonger le pays dans le 
chaos à l'image de ce qui s'est produit en Irak et en Libye 
après les interventions militaires occidentales.  
    "Ils veulent reproduire les expériences de Libye et d'Irak 
et faire de la Syrie un Etat en faillite", a-t-il dit. 
    A Moscou, le Kremlin a apporté mardi son soutien sans 
équivoque à une poursuite des discussions de Genève. 
    Le dossier syrien a fait l'objet d'"intenses échanges" 
téléphoniques lundi entre le président russe Vladimir Poutine et 
son homologue américain Barack Obama. Washington et Moscou sont 
les parrains de l'accord de cessation des hostilités entré en 
vigueur le 27 février.     
 
 (avec Tom Perry à Beyrouth; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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