Damas exige des "bérets bleus" neutres, Homs bombardée

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par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - En dépit des doutes exprimés par l'Onu, la Syrie a dit mercredi que le nombre d'observateurs internationaux chargés de veiller au respect du cessez-le-feu dans le pays était "raisonnable" et "logique", tandis que l'armée continuait à bombarder Homs.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, a estimé que la mission des Nations unies n'avait pas besoin de plus de 250 observateurs pour effectuer son travail.

Le gouvernement syrien ne laissera pas "des terroristes" perturber la vie des Syriens, a-t-il dit, lors d'une visite à Pékin. La Syrie respecte le cessez-le-feu, a-t-il ajouté, imputant les violences à des "groupes terroristes armés."

Le ministre a également posé la condition que ces observateurs soient originaires de pays "neutres" émergents, comme le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine ou l'Afrique du Sud, plus acquis à la cause du régime de Bachar al Assad que les pays occidentaux ou de la Ligue arabe.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, qui doit présenter mercredi au Conseil de sécurité ses propositions pour la prochaine étape de la mission d'observation, estime quant à lui que plus de 250 observateurs seront nécessaires pour contrôler de manière efficace et crédible le respect de la trêve dans un pays de la taille de la Syrie.

Il a demandé à l'Union européenne de lui fournir des hélicoptères et des avions pour faciliter et accélérer le travail de la mission.

Ce à quoi Walid al Moualem a répondu en disant que la Syrie s'occuperait elle-même, si nécessaire, des besoins des observateurs en transports aériens. Selon une source politique libanaise, Damas aurait refusé l'envoi d'hélicoptères de l'Onu.

HOMS DE NOUVEAU SOUS LES BOMBES

Des coups de feu ont éclaté mercredi à Erbin, ville de la province de Damas où se sont rendus le jour-même les premiers observateurs de la mission de l'Onu, sans que l'on sache s'ils étaient présents au même moment.

Les observateurs sont allés à Erbin à bord de deux Land Cruiser blancs estampillés "Onu" et escortés par la police syrienne. A leur arrivée, ils ont été assaillis par des manifestants opposés à Bachar al Assad brandissant des drapeaux.

On pouvait lire sur une pancarte, qui a été placardée par des manifestants à l'arrière de l'une des voitures : "Le boucher continue de tuer, les observateurs continuent d'observer et le peuple continue sa révolution. Nous ne nous inclinons que devant Dieu."

Pendant ce temps, les violences se sont poursuivies dans les bastions rebelles d'Homs, Hama, Idlib, et Deraa, où l'armée a continué ses attaques à l'arme lourde sur les opposants en violation du cessez-le-feu en vigueur depuis le 12 avril.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapporte que cinq personnes ont été tuées mercredi dans un bombardement à Alep, la seconde ville du pays.

Des explosions ont secoué le quartier de Khalidiyah, à Homs, l'armée ayant repris ses tirs de mortier quotidiens, tandis que des panaches de fumée noire s'élevaient des toits.

Dans la province d'Idlib, dans le nord du pays, six membres des forces de sécurité ont été tués par un "groupe terroriste armé", rapporte l'agence officielle de presse Sana.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, il y a une semaine, seules de courtes trêves ont été observées et les violences se sont poursuivies à Homs, Hama, Idlib et Deraa.

Avec Ayat Basma et Mariam Karouny à Beyrouth, Hélène Duvigneau pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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