Damas et l'EI coupables d'attaques chimiques en Syrie - Onu/OIAC

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 (Actualisé avec précisions, réaction des Etats-Unis) 
    par Michelle Nichols 
    NATIONS UNIES, 25 août (Reuters) - Une enquête conjointe des 
Nations unies et de l'Organisation pour l'interdiction des armes 
chimiques (OIAC) a conclu que les forces du président syrien 
Bachar al Assad s'étaient rendues coupables de deux attaques 
toxiques et l'organisation Etat islamique (EI) d'une autre en 
Syrie. 
    Dans un rapport consulté mercredi par Reuters, la commission 
d'enquête formée avec l'aval unanime du Conseil de sécurité de 
l'Onu rend ses conclusions sur ses recherches menées depuis un 
an sur neuf attaques menées dans sept régions de Syrie, où une 
enquête de l'OIAC avait déjà établi que des substances chimiques 
avaient probablement été utilisées. 
    Les Etats-Unis ont vivement réagi. 
    "Il est essentiel que les membres du Conseil de sécurité se 
réunissent pour faire en sorte qu'il y ait des conséquences pour 
ceux qui ont utilisé des armes chimiques en Syrie", a déclaré 
l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samatha Power. 
    "Nous appelons fermement tous les Etats à soutenir une 
action ferme et rapide de la part du Conseil de sécurité", 
poursuit le communiqué. 
    Les 15 membres du Conseil de sécurité doivent discuter du 
rapport la semaine prochaine. Le rapport sera rendu public à 
l'issue de cette réunion, a indiqué le secrétaire général des 
Nations unies, Ban Ki-moon. 
    Les enquêteurs ont conclu que des hélicoptères de l'armée 
syrienne étaient responsables de deux attaques au chlore dans 
deux villes de la province d'Idlib, à Talmenes le 21 avril 2014 
et à Sarmine le 16 mars 2015. 
    Ils ont aussi estimé disposer de suffisamment d'éléments 
pour conclure que les djihadistes de l'Etat islamique avaient 
utilisé du gaz moutarde à Marea, dans la province d'Alep, le 21 
août 2015. 
     
    BARIL D'EXPLOSIFS 
    La Syrie a accepté de détruire son stock d'armes chimiques 
en 2013 dans le cadre d'un accord conclu sous les auspices des 
Etats-Unis et de la Russie. Le Conseil de sécurité a soutenu cet 
accord par une résolution qui stipulait que, dans le cas où il 
ne serait pas respecté, des mesures seraient prises dans le 
cadre du chapitre 7 de la charte des Nations unies. 
    Le chapitre 7 traite des sanctions et de l'autorisation de 
la force militaire par le Conseil de sécurité. Celui-ci devra 
alors adopter une nouvelle résolution pour imposer des sanctions 
ciblées - des interdictions de visas et un gel des avoirs - à 
l'encontre des personnes et des entités responsables des 
attaques. 
    Toutefois, la Russie, alliée de la Syrie, et la Chine ont 
par le passé protégé le gouvernement syrien des sanctions 
onusiennes en mettant leur veto à plusieurs résolutions et 
notamment une qui prévoyait de transmettre le dossier syrien à 
la Cour pénale internationale (CPI). 
    Dans le cas de l'attaque à Sarmine, le rapport de l'Onu et 
de l'OIAC indique que les restes d'un engin largué "vont dans le 
sens de la construction d'un baril d'explosifs". 
    Le rapport estime que les attaques à Kafr Zita dans le 
gouvernorat de Hama le 18 avril 2014, Kmenas dans le gouvernorat 
d'Idlib le 16 mars 2015 et de Binnich dans le gouvernorat 
d'Idlib le 24 mars 2015 nécessitent un complément d'enquête. 
    Samatha Power a dit souhaiter que l'Onu et l'OIAC 
poursuivent leurs investigations dans ces affaires et dans toute 
autre attaque à l'arme chimique confirmée et mentionnée dans 
l'enquête séparée de l'OIAC. 
    Le rapport ne recommande pas de complément d'enquête dans 
trois autres cas, à Kafr Zita le 11 avril 2014 et à Al Tamanah 
les 29-30 avril 2014 et 25-26 mai 2014. 
 
 (Tangi Salaün et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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