Damas admet l'existence de trois sites chimiques en plus-sources

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par Anthony Deutsch LA HAYE, 17 septembre (Reuters) - La Syrie a révélé à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) l'existence de trois sites qu'elle n'avait jusqu'à présent jamais mentionnés, a-t-on appris de sources diplomatiques. Ces trois installations sont un laboratoire de recherche sur la ricine, un poison hautement toxique, une usine de fabrication de ricine et un équipement de recherche et développement sur les armes chimiques, ont dit des diplomates à Reuters. Le régime de Bachar al Assad s'est engagé en 2013 à éliminer son programme d'armement chimique pour éviter des frappes aériennes des Etats-Unis, qui lui imputaient un bombardement au gaz sarin dans un faubourg de Damas ayant fait plus d'un millier de morts. Dans le cadre de cet accord, l'OIAC a été chargée de superviser la destruction de 1.300 tonnes d'armes chimiques déclarées par la Syrie à cet organisme international basé à La Haye. Selon des diplomates, l'inventaire initial soumis par le régime syrien présentait toutefois des "incohérences" ( ID:nL5N0R55KT ) et c'est au cours de l'examen de ces points litigieux que Damas a révélé l'existence de trois sites supplémentaires. L'une de ces installations est un laboratoire pour la ricine auquel, selon les dirigeants syriens, les inspecteurs de l'OIAC ne pouvaient avoir accès en raison des combats entre les forces gouvernementales et les rebelles, ajoutent les diplomates. Selon une autre source diplomatique, l'usine de ricine a pour sa part été détruite avant l'adhésion de la Syrie à l'OIAC en 1997. Sur le troisième site, "un travail expérimental de faible ampleur" a été réalisé sur le développement d'armes chimiques, ont dit deux diplomates à La Haye. ATTAQUES AU CHLORE Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont déjà exprimé leurs craintes sur le manque d'exhaustivité de l'inventaire soumis par la Syrie, notamment en ce qui concerne le sarin. Le régime syrien n'a jamais déclaré posséder de gaz sarin, pas plus que les roquettes utilisées pour le bombardement de la Ghouta le 21 août 2013. La mission conjointe de l'OIAC et de l'Onu supervisant la destruction de l'arsenal chimique syrien, dirigée par Sigrid Kaag, doit de nouveau se rendre en Syrie d'ici fin septembre pour de nouvelles discussions avec des responsables syriens. "La Syrie va faire valoir que l'existence de ces sites n'a pas été révélée plus tôt en raison de la précipitation dans laquelle elle était plongée lorsqu'elle aurait dû les signaler initialement", a dit un diplomate. "Elle avait dit que la ricine était destinée à des usages médicaux, mais nous ne pensons pas que ce soit vrai." D'après deux diplomates, un rapport remis la semaine dernière par des enquêteurs de l'OIAC au sujet de récentes attaques au chlore en Syrie montre que le régime a enfreint l'accord sur la destruction de l'intégralité de son arsenal chimique. Selon ces mêmes sources, trois pays occidentaux envisagent de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu. Ce rapport, dont Reuters a pu consulter une copie, décrit via des témoins oculaires des dizaines de bombardements meurtriers sur des villages commis à l'aide d'hélicoptères. "Il faut garder à l'esprit que ces attaques ont fait des centaines voire des milliers de morts, donc il nous faut maintenir la pression sur le régime Assad", a dit une troisième source. "Porter le débat à l'Onu permet d'envoyer ce message." Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont imputé ces attaques au chlore au régime syrien, seul belligérant du conflit en Syrie à posséder des hélicoptères selon ces deux pays. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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