Damas a répondu aux propositions d'Annan, combats à Deraa

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par Stephanie Nebehay et Khaled Yacoub Oweis

GENEVE/AMMAN (Reuters) - L'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan, a reçu une réponse du président Bachar al Assad à ses propositions pour mettre fin aux violences en Syrie et rendra compte vendredi de sa mission au Conseil de sécurité de l'Onu.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent entre forces gouvernementales et opposition, notamment à Deraa, dans le Sud, d'où est partie l'insurrection il y a un an, et dans la province d'Idlib, dans le Nord.

Lors de ses entretiens le week-end dernier avec le président syrien, Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, a insisté sur la nécessité d'un cessez-le-feu, l'envoi d'une aide humanitaire aux populations civiles et l'ouverture d'un dialogue entre les autorités de Damas et l'opposition.

A Damas, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé que son pays avait donné une réponse "positive" aux propositions de Kofi Annan.

"Le ton de notre réponse était positif", a assuré Djihad Makdessi. Il a ajouté que la Syrie avait apporté des "clarifications" sur la mise en oeuvre de certaines propositions.

A Genève, le porte-parole d'Annan, Ahmad Fawzi, a déclaré que l'ancien numéro un de l'Onu avait fait à Assad des propositions "détaillées" sur les mesures à prendre sur le terrain afin de permettre un dialogue politique, et avant tout la fin de l'effusion de sang et des souffrances du peuple syrien.

"Il a reçu des réponses à ces propositions, il y a des réponses précises à des questions précises", a ajouté Fawzi.

"(...) compte tenu de la situation grave et tragique qui règne sur le terrain, chacun doit comprendre qu'il est essentiel de faire vite (...) On ne peut pas permettre que cette crise s'éternise", avait-il auparavant souligné.

Kofi Annan, dont la petite équipe se met en place au siège européen de l'Onu à Genève, va y être rejoint par son adjoint, le Palestinien Nasser al Kidoua, nommé la semaine dernière.

Des diplomates siégeant au Conseil de sécurité ont souligné que le rapport de Kofi Annan vendredi serait déterminant pour les efforts des Etats-Unis et de leurs alliés européens visant à faire adopter une résolution sur cette crise.

NOUVEAU MASSACRE DE CIVILS À HOMS ?

La Russie et la Chine ont déjà usé à deux reprises de leur droit de veto pour faire échec à des projets de résolution sur la Syrie.

Les négociations pour faire adopter une telle résolution devraient s'accélérer après la présentation que fera Kofi Annan, ont dit ces diplomates.

Selon les chiffres des Nations unies, plus de 8.000 personnes ont été tuées depuis un an dans les violences en Syrie et 230.000 autres ont été chassées de chez elles, dont 30.000 ont fui à l'étranger. Le gouvernement syrien affirme que plus de 2.500 membres des forces de sécurité ont été tués par des "terroristes armés" soutenus par l'étranger.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge arabe syrien continue de fournir des vivres aux populations des zones de combats, notamment à Homs, Hama, Idlib, Deraa et dans les campagnes autour de Damas, a déclaré le porte-parole du CICR, Hicham Hassan.

"A Homs, à Idlib et dans d'autres secteurs touchés par la violence, on fait état chaque jour de nouvelles victimes", a-t-il dit à Reuters.

La presse officielle syrienne a accusé des "terroristes armés" d'avoir massacré mercredi quinze civils, dont des enfants, dans un quartier alaouite, pro-gouvernemental, de Homs.

Mercredi matin, des réfugiés ont traversé la frontière turque. "L'armée bombarde la ville d'Idlib avec ses chars et ses roquettes", a dit l'un d'eux, Abdoul Samad.

A Deraa, près de la frontière jordanienne, le quartier d'Al Balad a été pris sous les tirs d'une vingtaine de chars et de véhicules blindés, a dit par téléphone à Reuters le militant d'opposition Rami Abdelhak.

"L'attaque a commencé en début de matinée. Les rebelles ripostent mais ils sont moins bien armés", a-t-il ajouté.

Des tirs ont aussi éclaté dans la ville de Deïr az Zor, dans l'Est.

Henri-Pierre André, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français

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