Daech dispose d'une "usine du faux document"

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DAECH DISPOSE D'UNE "USINE DU FAUX DOCUMENT"
DAECH DISPOSE D'UNE "USINE DU FAUX DOCUMENT"

PARIS (Reuters) - Le groupe Etat islamique a récupéré des milliers de passeports vierges et il n'est pas exclu que d'autres djihadistes rejoignent l'Europe en les utilisant, comme l'ont fait certains assaillants du 13 novembre, a déclaré jeudi Bernard Cazeneuve.

Deux des Français qui figuraient parmi les kamikazes, Samy Amimour et Omar Mostefaï, sont revenus en Europe "en utilisant vraisemblablement des faux papiers, et en franchissant plusieurs frontières", a rappelé le ministre de l'Intérieur.

"Daech a récupéré des milliers de passeports vierges en Irak et en Syrie, s'est doté d'une véritable usine du faux document", a-t-il déclaré devant la commission d'enquête parlementaire sur la lutte contre le terrorisme.

"Il n'est pas exclu, puisque cela s'est déjà produit, que d'autres commandos puissent entrer sur le territoire de l'Union européenne munis de faux documents pour nous frapper", a-t-il ajouté, soulignant la détermination de la France à faire adopter de nouvelles mesures au niveau européen pour éviter cela.

Bernard Cazeneuve a souligné la complexité du parcours des auteurs des attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts, et mis en cause l'absence de coordination européenne.

"Il est (...) pour le moins réducteur d'imputer aux services de sécurité intérieurs français, et à eux seuls, un défaut de vigilance ou de clairvoyance", a-t-il jugé, rappelant qu'aucun des pays traversés par les djihadistes ne les a "signalés".

"À bien des égards, c'est l'absence d'un système d'alerte européen et d'une coordination efficace des services européens (...) qui a été mise en évidence en novembre dernier."

PROBLÈME DANS LE SUIVI

Bernard Cazeneuve a toutefois reconnu l'existence d'un problème dans le suivi, en France, des personnes mises en examen pour des faits dits "terroristes". La loi prévoit que la prise en charge judiciaire d'un suspect met un terme à son suivi administratif.

Un "paradoxe" qui fera l'objet de propositions de la commission d'enquête parlementaire dont il est le rapporteur, a fait savoir le député socialiste Sébastien Pietrasanta.

"Effectivement, lorsqu'il y a des individus qui représentent un risque terroriste et qui sont sous contrôle judiciaire, nous ne sommes plus armés pour assurer le suivi que nous devrions pouvoir mobiliser, c'est incontestable", a dit Bernard Cazeneuve.

"Mais aucun service ne peut faire autre chose que d'appliquer la législation en vigueur", a-t-il ajouté, laissant entendre qu'un changement de cet état de fait pourrait nécessiter une modification constitutionnelle.

Samy Amimour, l'un des trois assaillants du Bataclan, avait été mis en examen en octobre 2012 et placé sous contrôle judiciaire avant d'échapper aux enquêteurs et de rejoindre la Syrie.

Mercredi soir, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a estimé devant cette commission que la question d'un renforcement des modalités du contrôle judiciaire en matière terroriste était légitime. "Ce n'est pas une question de volonté, ni d'intention, ni même de droit", a-t-il dit. "C'est la question des moyens."

Quinze attentats ont été déjoués en France depuis 2013, dont sept depuis janvier 2015, d'après Bernard Cazeneuve, qui a rappelé que le niveau de menace restait "extrêmement élevé".

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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  • M5892040 il y a 6 mois

    Quand ont les attrapes, il faut les enfermer: Ca évite de les revoir en boucle sur la télé par la suite....

  • charleco il y a 6 mois

    Voilà où nous amène la folie des USA.