Dacca-Les tireurs étaient bangladais, cinq connus de la police

le
0
    par Ruma Paul et Sanjeev Miglani 
    DACCA, 3 juillet (Reuters) - Les sept islamistes qui ont tué 
20 personnes vendredi soir dans un restaurant de Dacca, la 
capitale du Bangladesh étaient des Bangladais dont cinq d'entre 
eux étaient connus des services de police, ont annoncé les 
autorités, alors que le pays entamait dimanche deux jours de 
deuil national. 
    La plupart des victimes, dont 18 sont des étrangers, ont été 
tuées à la machette par le commando islamiste avant que la 
police ne donne l'assaut et entre dans le bâtiment abritant le 
restaurant, 12 heures après le début de la prise d'otages.  
    Six islamistes ont été tués lors de l'assaut; un septième a 
été arrêté. 
    "Tous les hommes étaient Bangladais. Cinq d'entre eux 
étaient fichés comme activistes et ceux qui sont chargés de 
faire respecter la loi ont essayé à plusieurs reprises de les 
arrêter", a déclaré à la presse samedi soir le chef de la police 
nationale, Shahidul Hoque. 
    L'Etat islamique, qui a revendiqué le massacre, a diffusé 
des photos de cinq combattants présentés comme ayant participé 
au massacre. La responsabilité de l'EI n'a pas été confirmée 
officiellement. 
    Les responsables de la sécurité du pays ont attribué les 
attaques qui ont visé ces 18 derniers des défenseurs des 
libertés, des homosexuels ou des membres de minorités 
religieuses, à deux groupes locaux, Ansar al Islam et 
Jamaat-ul-Mujahideen.  
    Ansar, considéré comme le groupe le plus dangereux des deux 
et le mieux organisé, a prêté allégeance à Al Qaïda tandis que 
Jamaat-ul-Mujahideen dit représenter l'Etat islamique. 
    "Nous ne pouvons pas dire d'emblée quel est le groupe 
derrière tout cela. Mais c'étaient des terroristes qui étaient 
bien entraînés", a déclaré le général Naeem Ashfaq Choudhuri, 
directeur général des opérations militaires de l'armée du 
Bangladesh. 
     
    CRITÈRES DE CIBLAGE STRICTS  
    Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si les 
attaquants ont reçu des instructions de l'Etat islamique ou d'Al 
Qaïda pour préparer l'attaque, explique un responsable des 
services de police chargés de la lutte anti-terroriste. 
    Les policiers veulent à savoir si l'attaque faisait partie  
d'une série d'attentats menés ces derniers temps un peu partout 
dans le monde ou si le commando islamiste s'en est inspiré. 
    Quatre pistolets, un fusil d'assaut semi-automatique AK-22, 
quatre engins explosifs et plusieurs armes blanches ont été 
retrouvés sur les lieux, a déclaré le général Choudhuri. 
    Le fait de viser des personnes dans un restaurant semble 
davantage correspondre à Jamaat-ul-Mujahideen, qui s'en prend en 
général aux non musulmans, quel que soit leur statut social. 
    A l'inverse, Ansar-al-Islam, s'est fixé de stricts "critères 
de ciblage" : les personnes attaquées doivent mener des 
activités contre l'islam, par exemple les blogueurs qui 
critiquent l'islam radical ou les militants pour la promotion 
des droits des homosexuels. Ansar a affirmé qu'il ne mènerait 
pas d'assassinats au hasard.     
    Selon un décompte de la police, neuf Italiens, sept 
Japonais, deux Bangladais et un Américain ont été tués avant que 
l'assaut ne soit donné par la police. Quand les policiers ont 
tenté d'entrer dans le bâtiment au début du siège, ils ont 
essuyé des tirs qui ont coûté la vie à deux policiers. 
    Selon la presse italienne, plusieurs des Italiens décédés 
travaillaient dans le secteur textile. De nombreux étrangers 
travaillent au Bangladesh pour des multinationales de 
l'habillement. Le secteur représente 80% des exportations du 
Bangladesh qui est le deuxième exportateur textile au monde 
derrière la Chine. 
    La Première ministre Sheikh Hasina a annoncé deux jours de 
deuil national et promis de lutter contre "la menace 
terroriste". 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant