D'ex-conseillers d'Obama réclament de durcir l'accord sur l'Iran

le , mis à jour à 05:53
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WASHINGTON, 25 juin (Reuters) - D'anciens hauts responsables de la sécurité ou de la politique étrangère des Etats-Unis mettent en garde l'administration Obama, dans une lettre ouverte publiée mercredi, contre un "mauvais accord" sur le nucléaire iranien qui ne fournirait pas les garanties nécessaires pour limiter les capacités de la République islamique. Parmi les signataires figurent Dennis Ross, conseiller présidentiel sur l'Iran et le Moyen-Orient pendant le premier mandat de Barack Obama, ou l'ex-directeur de la CIA et commandant des forces américaines en Irak David Petraeus. Ils disent redouter qu'un accord sur le nucléaire iranien "ne remplisse pas les critères d'un 'bon accord' fixées par l'administration elle-même", à moins qu'il ne fixe un cadre plus strict sur les inspections de l'AIEA et les conditions d'une levée des sanctions qui pèsent sur Téhéran. La publication de cette lettre par le Washington Institute intervient deux jours avant le départ du secrétaire d'Etat John Kerry pour Vienne, où il rejoindra les négociations qui ont repris dès mardi entre l'Iran et les pays du groupe "5+1" (Chine, Etats-Unis, France, le Royaume-Uni, Russie et Allemagne). Les négociateurs ont en principe jusqu'au 30 juin pour parvenir à un accord global sur les ambitions nucléaires de la République islamique. Mais il semble de plus en plus probable que cette échéance ne sera pas respectée. "Les Iraniens doivent comprendre que nous les attraperons s'ils trichent et que le prix sera plus élevé, même pour des infractions moindres", a déclaré Dennis Ross à Reuters. "Ils doivent comprendre que nous ne leur permettrons pas d'avoir une capacité (nucléaire) militaire." L'ancien conseiller de Barack Obama dit avoir parlé à des responsables du gouvernement qui soulignent que les principes énoncés dans la lettre figurent déjà dans l'accord-cadre conclu le 2 avril dernier à Lausanne entre Téhéran et le P5+1. "UNITED AGAINST NUCLEAR IRAN" Les signataires du document ajoutent regretter que cet accord-cadre n'ait pas été plus sévère envers Téhéran. "L'accord n'empêchera pas l'Iran de se doter d'une capacité d'armement nucléaire. Il n'exigera pas le démantèlement des infrastructures nucléaires de l'Iran. Il réduira, cependant, ces infrastructures pour les dix ou quinze prochaines années", reconnaissent-ils. Outre Ross et Petraeus, le texte est signé Robert Einhorn, ancien négociateur avec l'Iran, James Cartwright, général à la retraite, et Gary Samore, ancien conseiller d'Obama sur la politique nucléaire devenu président d'un groupe de pression baptisé "United Against Nuclear Iran". Stephen Hadley, conseiller pour la sécurité nationale de l'ex-président George W. Bush et de son frère Jeb, candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2016, a également paraphé le document. John Kerry, qui s'exprimait mercredi soir devant la presse, juge qu'il est encore trop tôt pour savoir si les négociateurs pourront déblayer les questions en suspens. "Si elles ne sont pas réglées, il n'y aura pas d'accord", a noté le chef de la diplomatie américaine. "Nous avons déjà dit clairement que nous n'allions pas négocier en public." La France a réaffirmé mercredi par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, son souhait d'un accord "robuste" sur le nucléaire iranien et s'est inquiétée à ce titre des exigences du guide suprême Ali Khamenei, "qui ne semblent pas aller dans ce sens". ID:nL8N0ZA2Z1 Le guide suprême iranien a ravivé les tensions en réaffirmant mardi soir ce qu'il présente comme les "lignes rouges" de Téhéran, notamment la levée "immédiate" des sanctions dès la signature et son refus de toute inspection des sites militaires. (Kevin Krolicki, Lesley Wroughton, Warren Strobel; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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