D. Börse et LSE tentent à nouveau de créer un géant européen

le , mis à jour à 19:56
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    * Une fusion pour créer le premier opérateur boursier 
européen 
    * Nouvelle structure coiffée par une holding 
    * 54,4% pour Deutsche Börse, le reste pour le LSE 
    * Hausse des actions LSE et Deutsche Börse 
 
 (Actualisé avec la confirmation de Deutsche Börse, détails, 
contexte, citations) 
    par Ludwig Burger et Andreas Kröner 
    LONDRES/FRANCFORT, 23 février (Reuters) - Deutsche Börse 
 DB1Gn.DE  et London Stock Exchange (LSE)  LSE.L  tentent à 
nouveau de monter un projet de fusion pour créer un géant 
européen capable de s'opposer aux ambitions européennes de 
l'américain ICE  ICE.N . 
    Les deux opérateurs boursiers, qui avaient déjà tenté de 
forger une alliance voici près de 16 ans, ont fait savoir mardi 
qu'ils poursuivaient des discussions approfondies en vue de 
créer une nouvelle structure coiffée par une holding, dont les 
actionnaires de Deutsche Börse auraient 54,4% des parts et ceux 
du LSE 45,6%. 
    Deux sources au fait du dossier avaient dit auparavant à 
Reuters que les deux sociétés étudiaient une fusion éventuelle. 
L'une avait déclaré que les discussions, sous le nom de code 
Delta pour Deutsche Börse et Luna pour le LSE, en étaient à un 
stade préliminaire. 
    "Rien ne dit qu'une transaction s'ensuivra", a dit le LSE, 
ajoutant que les deux parties en diraient sans doute plus en 
temps voulu.  
    Suivant le droit britannique des OPA, Deutsche Börse doit 
soit formuler une offre soit s'abstenir d'ici au 22 mars, sauf 
s'il obtient une prolongation de l'autorité britannique 
compétente.  
    L'action LSE a terminé en hausse de 13,7% à Londres, tandis 
que Deutsche Börse a progressé de 3,22% à Francfort. L'action 
Euronext  ENX.PA , opérateur notamment de la Bourse de Paris, a 
aussi profité de cette annonce et avancé de 4,51% à 37,185 
euros. 
    Deutsche Börse avait une capitalisation de 16,4 milliards de 
dollars à la clôture de lundi et le LSE de 11,6 milliards de 
dollars, selon des données de Reuters. 
    "On va vers plus de consolidation même s'il n'est pas acquis 
que la fusion se fasse", a dit Carlo Alberto De Casa, analyste 
d'Activtrades.  
    Pour Jonathan W Goslin, analyste de Numis Securities, une 
fusion serait source d'importantes économies et synergies mais 
ne serait pas non plus dépourvue de difficultés, en particulier 
du point de vue réglementaire. 
    En outre, observe-t-il, les deux opérateurs ont des vues 
divergentes sur la manière de structurer leurs activités, le LSE 
étant plus ouvert et Deutsche Börse plus fermé, sans compter les 
questions de susceptibilité nationale. 
    "On peut se demander si le monde politique britannique 
verrait d'un bon oeil la principale place locale devenir 
propriété d'une entité étrangère", se demande-t-il. 
    Selon l'une des sources au fait du dossier, la fusion serait 
en ordre de marche même en cas de Brexit, c'est-à-dire si la 
Grande-Bretagne décidait de quitter l'Union européenne à l'issue 
du référendum prévu le 23 juin. 
    La fusion rassemblerait le trading actions du LSE avec le 
trading de dérivés de la plateforme Eurex de Deutsche Börse. Le 
LSE, dirigé par le Français Xavier Rolet, n'a eu de cesse de 
s'implanter dans un marché des dérivés qui est un véritable 
moteur de croissance après avoir en vain tenté de racheter la 
plateforme londonienne de dérivés LIFFE. 
    LIFFE appartient désormais à ICE, une plateforme américaine 
à l'esprit conquérant déjà propriétaire du New York Stock 
Exchange. 
     
    QUID D'EURONEXT ET DES AUTRES? 
    Depuis leur tentative de fusion avortée en mai 2000, ni le 
LSE ni Deutsche Börse n'ont pu conclure de transaction leur 
permettant de devenir la place dominante en Europe. Dans 
l'intervalle est apparu Chi-X, leader européen du trading 
actions transfrontalier, devenu propriété de l'américain BATS. 
    Lorsqu'il a pris la tête de Deutsche Börse en juin, le 
président du directoire Carsten Kengeter avait déclaré qu'il 
était ouvert à des acquisitions, qu'elles soient ciblées ou de 
grande ampleur, dans le cadre d'une stratégie de stimulation des 
revenus et des résultats.  
    Il a depuis lors déboursé 1,5 milliard de dollars pour 
racheter des coentreprises au suisse SIX Group et reprendre la 
plateforme de changes 360T. 
    L'échec du coup d'essai de 2000, dont la transformation 
aurait vu la naissance d'iX, une structure paneuropéenne censée 
attirer d'autres opérateurs financiers, s'expliquait par la 
résistance des courtiers britanniques, qui s'interrogeaient sur 
le modus operandi de la nouvelle entité et sur la réglementation 
qui s'y appliquerait. 
    Le LSE, qui avait alors une structure mutualiste, décida par 
la suite de s'introduire en Bourse pour pouvoir poursuivre sa 
propre stratégie sans entraves.  
    Une deuxième tentative eut lieu durant la période 2004-2005, 
prenant la forme cette fois d'une OPA de Deutsche Börse sur le 
LSE, qui ne put s'affranchir de l'opposition des actionnaires de 
l'opérateur allemand. 
    Cela étant, la fusion des places de Francfort et de Londres 
soulèverait bien des questions sur l'avenir d'Euronext, la 
structure qui gère les places de Paris, Bruxelles, Amsterdam et 
Lisbonne, et dont ICE s'était dessaisi, et sur la stratégie 
d'autres plateformes comme le Nasdaq, qui espérait à l'époque 
intégrer iX. 
 
 (Avec Jonathan Gould à Francfort, Huw Jones à Londres et Noor 
Zainab Hussain à Bangalore, Bertrand Boucey et Wilfrid Exbrayat 
pour le service français) 
 

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