D. Bank veut se désengager des ABS aux USA-sources

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    par Arno Schuetze, Kathrin Jones et Mariana Ionova 
    FRANCFORT/LONDRES, 18 novembre (Reuters) - Deutsche Bank 
 DBKGn.DE  veut réduire son activité de titrisation des 
créances, à commencer par la titrisation de crédits immobiliers 
aux Etats-Unis, ont déclaré vendredi deux sources au fait du 
dossier. 
    La première banque allemande s'expose à une amende de 14 
milliards de dollars aux Etats-Unis car on lui reproche d'avoir 
vendu dans des conditions litigieuses ce type de valeurs 
mobilières adossées à du crédit immobilier. 
    La banque devrait prendre une décision à ce sujet au début 
de l'an prochain et la réduction de ses activités de titrisation 
pourrait constituer l'un des piliers d'une probable refonte 
stratégique de l'établissement une fois que la question de 
l'amende américaine aura été définitivement réglée, ont ajouté 
les sources. 
    "Nous avons déjà allégé ce type d'activité ces deux à trois 
dernières années", a dit une source au fait des projets de la 
banque. "On peut encore aller plus loin, non seulement dans la 
vente et le trading mais aussi dans le montage". 
    Deutsche Bank, qui était devenue avant la crise financière 
l'une des grandes banques d'investissement mondiales grâce à 
cette activité, s'est refusé à tout commentaire. 
    La banque reste l'un des six premiers établissements 
mondiaux de la titrisation, selon le cabinet d'études Coalition. 
Le marché des ABS (asset-backed securities) représentait près de 
2.000 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis l'an dernier. 
    Mais la crise financière s'est traduite par un durcissement 
de la réglementation qui rend ce segment plus onéreux pour des 
banques qui doivent de surcroit constituer un capital plus 
étoffé. 
    En effet, il est parfois exigé des banques qu'elles 
constituent une réserve pouvant atteindre plus de 20% de la 
valeur des ABS pour amortir toute perte éventuelle, ce qui rend 
cette activité bien plus lourde financièrement que bien d'autres 
exercées par les banques. 
    C'est pourquoi les banques tendent à ne plus faire les 
montages elles-mêmes et privilégient le conseil à la clientèle 
pour qu'elle les fasse elle-même. Toutefois, la concurrence est 
rude et Deutsche Bank a du mal à s'imposer, de l'avis des 
professionnels du marché.  
    Enfin, même si le marché des ABS s'est pour l'essentiel 
redressé aux Etats-Unis, il ne représente encore en Europe que 
la moitié de ce qu'il était avant le krach de 2008.     
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 

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