D. Bank-Démêlés judiciaires pour Fitschen en pleine restructuration

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par Thomas Atkins MUNICH, 28 avril (Reuters) - Le procès de Jürgen Fitschen, l'un des co-présidents du directoire de la Deutsche Bank, accusé de faux témoignage dans l'affaire de l'effondrement de l'empire médiatique de Leo Kirch en 2002, s'est ouvert mardi au lendemain de la présentation par la première banque allemande d'un plan stratégique mal accueilli en Bourse. A 66 ans, Fitschen, figure des milieux bancaires germaniques et patron de la BdB, la fédération bancaire allemande, s'est dit déterminé à blanchir son nom de l'accusation de faux témoignage dans une procédure civile intentée par les héritiers du défunt magnat des médias Leo Kirch. Le procès, dont il est prévu qu'il dure jusqu'en septembre, pourrait s'avérer une source de perturbation importante pour le dirigeant de Deutsche Bank dont le plan de restructuration présenté lundi a suscité les critiques de certains investisseurs qui lui reprochent son manque d'ambition et de précision. L'action Deutsche Bank cède à nouveau 3,8% mardi vers 13h15 GMT au lendemain d'une chute de près de 4,6%. La juge Christiane Serini a dit à l'ouverture du procès que Fitschen et ses quatre co-accusés, dont deux anciens présidents du directoire de la banque, Josef Ackermann et Rolf Breuer, avait délibérément induit en erreur une cour d'appel afin d'éviter le paiement de dommages et intérêts aux héritiers Kirch. Ils ont tous réfuté ces accusations. "Fitschen a présenté des preuves vagues et non concluantes lors de son audience", a-t-elle dit dans la petite salle du tribunal pleine à craquer entre les prévenus, leurs avocats, les cinq juges et de nombreux journalistes venus assister à l'un des plus spectaculaires procès des milieux d'affaires en Allemagne. Deutsche Bank avait réglé la procédure civile intenté par les héritiers Kirch en février 2014 en payant environ 925 millions d'euros au terme de 12 années d'affrontements et d'arguties judiciaires. "Je ne sais pas pourquoi je suis accusé", avait déclaré lundi Fitschen, en marge de la présentation du plan de restructuration de la banque baptisé "Stratégie 2020". Il a refusé une proposition de la juge d'un règlement amiable contre le paiement d'une amende, ont dit des sources proches du dossier. Depuis que Fitschen et Anshu Jain, l'autre co-président du directoire, ont pris en mains les destinées de la banque, en 2012, l'action Deutsche Bank a sous-performé, plombée par de faibles rendements et une montée des coûts juridiques liée à son implication présumée dans plusieurs scandales retentissants de manipulation de marché. Leo Kirch, décédé en 2011, imputait la chute de son empire médiatique à l'ancien patron de Deutsche Bank, Rolf Breuer, lui reprochant d'en avoir mis en cause la solidité financière dans une interview télévisée en 2002. Deutsche Bank a dit mardi qu'elle avait pour principe de ne pas commenter des procédures judiciaires en cours mais a répété qu'elle était "convaincue que toute suspicion à l'encontre de Jürgen Fitschen se révèlerait infondée." "La présomption d'innocence s'applique à tout membre actuel ou ancien du directoire", avait dit la banque auparavant. (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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