D'autres suspects au Brésil pour les soldats tués en Guyane

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BRASILIA/PARIS (Reuters) - Quatre Brésiliens suspectés du meurtre de deux militaires français tués lors d'une mission en Guyane contre l'orpaillage clandestin sont toujours recherchés après l'arrestation vendredi au Brésil du chef du groupe et d'un complice.

Les quatre fugitifs, Ribamar Souza Brito, Itamar Bezerra Alves, José Mariano Silva et un dénommé "Galo" pourraient se trouver entre le Brésil et la Guyane, précise la police militaire de Macapa, dans l'Etat de l'Amapa, dans un communiqué.

Ils sont également recherchés par la police du Surinam, qui détient actuellement trois autres membres de la même bande, précise le texte.

L'enquête sur l'assassinat de deux militaires français fin juin lors d'une opération contre l'orpaillage clandestin en Guyane s'est accélérée vendredi avec l'arrestation à Macapa de Manoel Ferreira Moura dit "Manoelzinho".

Cet homme de 25 ans, qui serait le leader du groupe, est soupçonné d'autres crimes au Brésil.

Il a été arrêté après une fuite d'un mois dans la forêt amazonienne en compagnie d'un autre suspect, Ronaldo Silva Lima, et d'une femme qui n'était pas initialement recherchée, Marilene Santos Fonseca.

Les deux hommes sont passés aux aveux, a affirmé l'unité d'élite brésilienne du bataillon des opérations spéciales (BOPE), qui a mené l'opération.

La ministre française de la Justice Christiane Taubira avait dit samedi apprendre "avec satisfaction" ces arrestations.

SUSPECTS ARRÊTÉS DANS UN TAXI

"Les actes d'enquête et les poursuites qui doivent intervenir relèvent maintenant de la coopération entre les autorités judiciaires françaises et brésiliennes afin que ces faits graves puissent recevoir une réponse pénale appropriée", écrit-elle dans un communiqué, disant porter une attention "toute particulière" au suivi de ce dossier.

Les suspects devraient être jugés au Brésil, les conventions franco-brésiliennes ne prévoyant pas l'extradition d'un ressortissant arrêté dans son propre pays.

Une information judiciaire a été ouverte en France par le parquet de Fort-de-France (Martinique) pour "meurtres et tentatives de meurtres en bande organisée, associations de malfaiteurs".

Les enquêteurs français recherchaient depuis la fin juin une dizaine suspects d'origine brésilienne organisés en bande et équipés d'armes de guerre opérant en Guyane sur la zone de Dorlin, où a eu lieu l'embuscade.

La police brésilienne les soupçonne d'une dizaine de meurtres de garimpeiros (orpailleurs) dans la forêt guyanaise.

Le BOPE pense que Manoel Ferreira Moura et son complice, accompagnés de la jeune femme arrêtée avec eux ont traversé la jungle amazonienne sur plus de 200 kilomètres en utilisant des pirogues.

Ils ont été localisés dans un hôtel de Macapa. Les forces spéciales sont intervenues alors que tous trois venaient de prendre place à bord d'un taxi.

Manoel Ferreira Moura avait sur lui un pistolet Glock 9mm et plus de 10.000 reais (4.000 euros). Son comparse avait également un pistolet Glock sur lui et 500 reais (200 euros), précise le communiqué de la police militaire.

La jeune femme, qui tenait dans ses bras son fils de trois ans, a confié aux enquêteurs avoir vu les deux hommes enterrer des fusils d'assaut dans la forêt.

Depuis l'embuscade qui a coûté la vie à deux soldats français en Guyane, la France a décidé d'accentuer les actions coup de poing contre les orpailleurs clandestins. Plusieurs opérations ont été menées par 170 hommes courant juillet.

Gérard Bon, avec Ana Flor à Brasilia au Brésil

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