Cyclisme: Yvon Sanquer veut donner un nouveau souffle à Cofidis

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par Gilles Le Roc'h

LIEGE, Belgique (Reuters) - A la veille du départ du 99e Tour de France, Yvon Sanquer a officialisé vendredi son arrivée comme manager général de l'équipe Cofidis, présente dans le peloton depuis quinze ans et soucieuse de retrouver son lustre perdu depuis 2005.

Ce Breton installé depuis de nombreuses années en Seine-et-Marne connaît le cyclisme comme personne et a déjà aidé Festina, à la fin des années 1990, puis Astana, en 2010.

Venu se présenter aux côtés des coureurs de l'équipe nordiste, Yvon Sanquer s'est donné une feuille de route simple.

"Je vais apporter mon expérience et installer ce qui me semble être primordial pour une équipe cycliste : envie, rigueur et sentiment d'appartenance", a-t-il dit à la presse.

Frère cadet de l'ancien professionnel Jean-Jacques Sanquer, Yvon Sanquer fut un honnête coureur amateur tout en étant agriculteur.

Il fut ensuite directeur sportif du club de l'US Créteil avant de franchir un pas supplémentaire au début des années 1990 en montant une structure de troisième division, la Mutuelle de Seine-et-Marne, avec laquelle il disputa le Tour de France 1997.

Homme droit, au discours direct et dont les valeurs humaines sont reconnues, il fut appelé à la rescousse en 1999 par Festina confrontée à un scandale de dopage organisé fatal à Bruno Roussel et Richard Virenque.

En trois ans, Sanquer avait restauré l'image d'un sponsor qui a décidé de stopper son aventure dans le peloton en 2001.

Sans équipe, le nouveau patron de Cofidis décida alors de travailler avec la Ligue Nationale de cyclisme et la Fédération française, avec qui il collabora près de dix ans.

Puis la formation Astana fit appel à lui, dans les mêmes circonstances que Festina, pour assainir un groupe vérolé par les affaires et les querelles.

Au cours de cette année 2010, Yvon Sanquer fut le patron d'Alberto Contador et bien qu'ayant rempli sa mission au-delà de toute espérance, il fut limogé au mois d'août.

LA DER DE MONCOUTIÉ

Depuis, il voulait croire qu'une nouvelle chance lui serait donnée, sérieuse celle-là.

Elle aurait pu venir de Marc Madiot qui lui avait confié une mission de directeur sportif de la FDJ-BigMat en mai dernier pendant le Tour d'Italie et s'apprêtait à lui assigner un rôle permanent la saison prochaine.

Elle est finalement venue de Cofidis, soucieuse de lancer sur des bases saines son réengagement jusqu'en 2016.

"Il ne m'est pas encore possible d'établir un état des lieux et je pense que j'en ferai le constat d'abord auprès de mes employeurs", a souligné Yvon Sanquer vendredi.

"Mais je suis très enthousiaste à l'idée de vivre cette mission de quatre années dans une équipe qui a une longue histoire et pour un sponsor qui est profondément attaché au cyclisme."

Présent à ses côtés, le sage David Moncoutié a écouté les propos de son nouveau patron sans ciller. Lui, le double vainqueur d'étape du Tour de France, n'a connu qu'une équipe depuis 1997 et connaît la maison Cofidis par coeur.

"Oui, c'est ma seizième saison chez Cofidis, j'y ai tout connu mais cette fois je n'ai pas l'impression qu'il s'agisse d'un nouveau cycle", a-t-il observé.

"Pour ma part, ce sera mon dernier Tour de France en espérant avoir plus de réussite que ces dernières années. J'ai été quatre fois le meilleur grimpeur de la Vuelta, je pourrais espérer conquérir le maillot à pois cette année, prendre la bonne échappée qui me permette de marquer beaucoup de points mais il me semble que l'approche de la montagne est longue. Nous verrons ça plus tard."

Outre le grimpeur français, Cofidis comptera sur le talent de l'Estonien Rein Taaramäe, qui brigue le maillot blanc du meilleur jeune et sur le coup de rein de Samuel Dumoulin pour gagner une étape.

Edité par Grégory Blachier

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