Cyclisme: Wiggins plus fort depuis "l'humiliation de 2010"

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par Gilles Le Roc'h

CHÂTEL, Haute-Savoie (Reuters) - Très détendu après sa victoire dans le Critérium du Dauphiné, la deuxième d'affilée, le Britannique Bradley Wiggins est revenu longuement sur sa semaine après avoir reçu les honneurs sur le podium et évacué la tension de la compétition.

Ce succès, il le sait, le range définitivement dans les favoris du prochain Tour de France dont le parcours a tout pour lui plaire.

Reuters : Votre victoire cette année vous comble-t-elle cette année autant que celle de l'an dernier?

Bradley Wiggins : C'est plus intense cette année. L'an dernier j'étais venu sans pression, étant loin d'être le favori. Cette année, j'étais désigné comme le favori et je l'ai fait. C'est donc plus beau. Elle est le résultat d'un travail énorme avec mon coach Tom Kerrison qui m'a beaucoup apporté d'un point de vue physiologique. Avec lui je suis comme un rat de laboratoire et c'est Shane Sutton qui s'occupe du mental. Il me met des coups de pied au cul quand c'est nécessaire. Il est comme un père.

Reuters : Quels progrès avez-vous faits cette semaine?

BW : Je n'ai pas appris cette semaine, c'est une continuité par rapport à toute la saison. Depuis plusieurs mois, nous nous améliorons et cette semaine, finalement, a été assez tranquille parce que le Team Sky avait aligné sa la meilleure formation possible.

Reuters : Mentalement, vous semblez indestructible. D'où vous vient cette force?

BW : Je me suis construis à partir de mon énorme déception dans le Tour 2010. J'avais vécu comme une humiliation d'avoir fini 23e parce que j'avais envisagé beaucoup mieux (...) 2010 aurait pu me casser, ça m'a rendu plus fort et peut-être que si je n'avais pas connu cette désillusion, je n'en serai pas là. Ma chute dans le Tour l'an dernier a également contribué à ce que je sois plus fort mentalement.

Reuters : En 2011, vous aviez la conviction de gagner le Tour de France un jour. Cette conviction est-elle plus grande encore ?

BW : Cette année j'ai progressé dans tous les domaines et je suis dans la meilleure forme possible pour gagner le Tour. Je suis plus fort dans le contre-la-montre, plus fort en montagne et mon équipe est plus forte aussi. Je suis prêt mais ce sera le meilleur athlète qui gagnera. Ce ne sera pas facile, ce sera même sans doute la mission la plus difficile de ma carrière. Je suis prêt à tous les sacrifices, à toutes les souffrances même si je sais que je vais devoir battre Cadel Evans qui peut l'emporter une deuxième fois.

Reuters : Il y a peu, vous disiez ne pas apprécier le statut de leader. Est-ce toujours vrai?

BW : Après chaque victoire, je deviens un leader. J'ai évolué en tant que personne et même si je n'aime pas ce statut, j'ai gagné le droit de l'être.

Reuters : Quel est votre programme d'ici au Tour de France?

BW : Nous restons à Châtel cette nuit. Demain nous allons reconnaître des arrivées d'étapes en voiture. Mardi, je vais rouler sur le parcours du contre-la-montre à Besançon. Puis je vais rentrer à la maison avant de partir à Majorque (...) Je ne vais pas disputer les championnats nationaux et je vais fignoler quelques détails. Pour le prologue notamment.

Reuters : Vous connaissez parfaitement l'histoire de votre sport. Est-ce important pour vous de rejoindre des grands champions au palmarès des épreuves?

BW : Je me souviens que lors de ma première année professionnelle, je n'osais pas approcher des champions comme Richard Virenque, Johan Museeuw ou Frank Vandenbroucke. Puis ça a changé quand j'ai fait chambre avec Jacky Durand dans un Het Volk (semi-classique flandrienne, NDLR). Je suis fan de mon sport et je suis content de faire comme Eddy Merckx qui, en 1971, avait gagné Paris-Nice et le Critérium du Dauphiné.

Reuters : Comment appréciez-vous vos victoires dans de grandes courses cette année?

BW : Le Critérium du Dauphiné est sur la route pour gagner le Tour. Oui, j'ai gagné Paris-Nice, le Tour de Romandie et le Dauphiné. Mais ça me rappelle quand j'étais sur piste où je passais d'une épreuve à l'autre. Dès que je gagnais en poursuite individuelle, je me concentrais sur la poursuite par équipes puis sur la Madison (la course à l'américaine, NDLR). Après on regrette de ne pas avoir suffisamment apprécié. Aujourd'hui, je n'ai pas de souvenirs précis de podiums mais tout le monde aimerait gagner ces trois grandes courses. Et quoiqu'il advienne dans le Tour, je les aurais gagnées.

Edité par Gregory Blachier

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