Cyclisme: Tony Martin a "sauvé" sa saison

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TONY MARTIN SACRÉ AU CRÉPUSCULE D'UNE ANNÉE DIFFICILE
TONY MARTIN SACRÉ AU CRÉPUSCULE D'UNE ANNÉE DIFFICILE

par Gilles Le Roc'h

VALKENBURG, Pays-Bas (Reuters) - Tony Martin, sacré mercredi champion du monde du contre-la-montre pour la deuxième fois consécutive, éprouvait un soulagement énorme après cette victoire intervenant au crépuscule d'une année très difficile.

A 27 ans, le rouleur d'Erfurt a beaucoup douté pour cette première année sous le maillot de l'équipe Omega Pharma-Quick Step.

Malade durant l'hiver, il a repris la compétition en avril avant de se casser la main dans la première étape du Tour de France.

Il a néanmoins poursuivi sa route, le poignet enserré dans une coque en résine, en serrant les dents et dans la seule perspective du contre-la-montre olympique dont il était le favori.

Mais à Londres, il n'a pu s'opposer à la marche triomphale de Bradley Wiggins, se contentant de la médaille d'argent.

"J'ai enfin atteint un premier pic de forme pendant la dernière Vuelta où j'ai connu une bonne progression, finissant Madrid à 100% de ma condition. Ici je voulais montrer qu'après toute cette malchance, j'étais capable de rouler à mon meilleur niveau et de gagner", a expliqué le coureur allemand à l'issue de sa victoire.

"ON NE PEUT PAS COMPARER"

En l'absence de ses habituels rivaux, Bradley Wiggins, Fabian Cancellara et Christopher Froome, Tony Martin avait un statut de favori à défendre.

Mais avec au fond de lui quand même, le souvenir d'une saison décevante, la crainte de jouer de malchance ou de vivre "un jour sans".

"C'était particulier, en effet. Avant le départ, je ressentais beaucoup de pression, tout le monde avait le regard sur moi et pourtant il restait encore des spécialistes", a-t-il commencé par raconter.

"Face à moi, Taylor Phinney a fait la course parfaite et je ne m'attendais pas à ce que ce soit si dur. Il m'a poussé à la limite de mes possibilités", a-t-il poursuivi.

"Les écarts étaient très serrés depuis le départ et j'ai vécu le dernier kilomètre le plus difficile de ma carrière. J'avais les jambes pleines de lactate. J'ai beaucoup souffert mais j'ai gagné et j'ai sauvé ma saison !"

Avec ce nouveau titre, l'Allemand s'est offert le droit de porter le maillot arc-en-ciel frappé d'un chronomètre pendant une année supplémentaire. Et à l'écouter, le sentiment de bonheur n'est pas tout à fait le même que l'an dernier.

"En 2011, c'était mon premier titre mondial et je pouvais me dire qu'une fois dans ma vie, j'aurais été champion du monde. Ici, c'est très spécial parce que la saison a été très difficile. On ne peut pas comparer mais je crois que je suis plus heureux aujourd'hui."

Edité par Olivier Guillemain

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