Cyclisme: Thomas Voeckler assume son statut de leader

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THOMAS VOECKLER À L?AISE DANS SON RÔLE DE LEADER
THOMAS VOECKLER À L?AISE DANS SON RÔLE DE LEADER

par Gilles Le Roc'h

VALKENBURG, Pays-Bas (Reuters) - Emmenée par Thomas Voeckler, l'équipe de France aborde la course en ligne des championnats du monde de cyclisme, dimanche, avec un leader unique et, pour la première fois depuis des années, capable de gagner.

Héros du dernier Tour de France qu'il a terminé avec le maillot à pois, Thomas Voeckler s'alignera au départ de Maastricht avec la conviction d'avoir sa chance.

"C'est la première fois que j'aborde un championnat du monde dans de telles conditions: un parcours qui me convient, je suis dans de bonnes dispositions et avec un capital confiance par rapport aux résultats récents", explique-t-il.

"Je dois assumer un rôle de leader et je ne suis pas un dégonflé. Je vais assumer le statut. Un statut logique après mes deux places dans les cinq premiers des deux classiques ardennaises cette année, sur des parcours similaires."

Le Vendéen, fin tacticien, n'entend pas partir à l'abordage mais réaliser, comme il en a l'habitude, une course intelligente et rester concentré sur son objectif le plus longtemps possible.

"Il y a trop d'enjeu pour que je sois excité. Dimanche, ce ne sera pas possible pour moi d'attaquer à 30 kilomètres de l'arrivée, la gueule dans le vent, pour voir ce qu'il se passe, avec le peloton à dix secondes. Là, il n'y pas de place pour la fantaisie, c'est du travail, on n'est pas là pour rigoler!"

"Si dimanche j'attaque, ce ne sera pas pour le panache. Si on ne me voit pas, c'est que je suis passé à côté de ma course."

Toujours pragmatique, Thomas Voeckler a conscience de sa chance d'avoir les pleins pouvoirs avec les Bleus mais son sens du devoir l'a conduit à faire les "derniers gros sacrifices de l'année" pour répondre présent.

"Ce n'est pas un plaisir d'être seul à l'hôtel comme je l'étais ici en début de semaine", dit celui que sa femme et ses deux enfants ont rejoint depuis.

"Je sais que (le sélectionneur Laurent) Jalabert compte sur moi depuis longtemps, normal que je me donne les moyens d'être en position de faire une bonne course. J'ai bien travaillé, je n'ai pas de regrets sur ma préparation et si dimanche, j'en avais sur le déroulement de la course, je serais en paix avec moi-même."

"PAS NOTRE PLAN"

Sa place privilégiée de numéro un est à la fois un confort et une source d'anxiété car, sans lui assurer un résultat, elle le contraint à faire bien.

"J'ai fait partie de campagnes où la désillusion était grande dans des championnats du monde où il n'y avait pas un leader protégé en équipe de France", souligne-t-il.

"Depuis dix ans, qu'a réussi la France à part les Top 10 de Romain Feillu, à qui je tire mon chapeau? Je pense qu'on ne peut pas faire moins bien. Et nous saurons dimanche soir si c'est une bonne idée d'avoir désigné un leader unique."

La course dira donc si l'équipe de France a été capable de s'unir autour de lui, ce qui, à entendre Thomas Voeckler, ne serait ni systématique ni une stratégie forcément payante.

"L'Italie avait Paolo Bettini qui était le meilleur coureur du monde et avait raison de faire cause commune. Idem en 2011 avec Cavendish qui le meilleur sprinteur. Moi, il y a plein de coureurs qui sont plus forts que moi", rappelle-t-il.

"Faire cause commune, avec huit coureurs qui se dévouent pour un leader, c'est une chose mais ce n'est pas notre plan. Je ne vais pas dire à mes équipiers 'déposez-moi au pied de la bosse, je vais tout faire exploser'. Je n'en suis pas capable", expose un Thomas Voeckler lucide, habitué des succès solitaires.

"Je suis leader de par mon expérience et par mes résultats et il y a peut-être deux ou trois coureurs de l'équipe de France qui, en effet, vont travailler pour moi. D'autres, comme Tony Gallopin ou Sylvain Chavanel, si ça se joue au sprint, auront plus de chance que moi."

Être ainsi entouré par huit hommes assignés à sa réussite impose à Thomas Voeckler de tout donner et de saisir sa chance, en espérant déjouer les pronostics.

"Je suis stressé, je ne peux pas dire que je m'en fous. Si c'est une course avec Europcar et que je me plante après que les gars ont roulé, je suis déçu mais ils sont aussi payés pour faire ce travail. Là, c'est différent", admet-il.

"Je suis confiant dans le travail que j'ai effectué mais pas serein. Je vais faire une course de vélo et je vais essayer de la gagner. Il y en a qui sont plus forts que moi mais ce n'est pas toujours le plus fort qui gagne..."

Edité par Gregory Blachier

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