Cyclisme: Philippe Gilbert ne pouvait que gagner

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PHILIPPE GILBERT NE POUVAIT QUE GAGNER
PHILIPPE GILBERT NE POUVAIT QUE GAGNER

par Gilles Le Roc'h

VALKENBURG, Pays-Bas (Reuters) - Philippe Gilbert portant le maillot arc en ciel de champion du monde, c'était écrit. Après bien des années à en rêver, le Belge a atteint la consécration à 30 ans parce qu'il a su saisir l'énorme chance que lui tendait le circuit de Valkenburg.

Dans le peloton, tout le monde l'appelle "Phil" et chacun savait avant même son impressionnante campagne de 2011, forte de 18 victoires dont Liège-Bastogne-Liège, la Flèche Wallonne, l'Amstel Gold Race ou le championnat de Belgique, quel coureur il était.

Philippe Gilbert, originaire de Remouchamps, en Wallonie, non loin de Liège, est un dingue de vélo. Cette passion confine à l'évidence depuis ses premiers coups de pédale professionnels sous l'aile protectrice de Marc Madiot, resté son ami.

Il fallait seulement qu'il prenne le temps de se façonner, de construire un physique capable de franchir le cap des sept heures et 250 kilomètres de course. Tout simplement de devenir un champion.

Toujours prêt au combat, toujours judicieux dans ses choix, ayant la science de la course, Philippe Gilbert a déjà beaucoup gagné.

A son exceptionnel cru 2011, il faut ajouter le Tour de Lombardie à deux reprises, Paris-Tours également, des étapes dans les trois grands Tours. Il était donc inconcevable qu'il ne soit pas un jour champion du monde.

Il était déjà passé tout près en 2010 en Australie mais avait été vaincu par le vent de face.

LA DÉFAITE DE 2010 L'A AIDÉ

Son titre mondial intervient donc en 2012, au crépuscule de sa saison le plus difficile, même s'il avait renoué avec la victoire dans le dernier Tour d'Espagne, accrochant deux étapes.

"J'avais trois objectifs cette année, les classiques ardennaises, les Jeux olympiques et le Mondial", a-t-il dit.

"J'ai été très déçu en début de saison parce que je n'ai pas réussi à trouver la bonne condition mais je ne me suis pas découragé. J'ai travaillé dans le calme et sans la pression de mon équipe qui, pourtant, attendait beaucoup de moi après un gros transfert durant l'hiver. Je n'étais pas à la hauteur mais leur calme m'a permis de me retrouver après une longue bataille contre moi-même."

"Ma forme est bonne depuis le Tour de France. Dans la Vuelta, j'ai gagné deux étapes dont le final était similaire à celui d'aujourd'hui. La confiance est revenue, le message pour mes équipiers belges était passé."

Ces championnats du monde avaient débuté sur une médaille d'argent décevante pour une équipe qui visait le titre du chrono par équipes, mais Gilbert en avait tiré des certitudes.

"Dimanche dernier, nous avons perdu le championnat du monde par équipes sur une erreur mais j'avais de très bonnes sensations", a-t-il souligné.

"Aujourd'hui, j'ai fait une dernière montée du Cauberg parfaite, en attaquant au bon moment. Il y a deux ans, je suis passé tout près du titre mais cette défaite m'a renforcé. Elle a tenu un grand rôle aujourd'hui."

"Je me suis dit que cette fois je n'avais pas le droit de me louper, que ce serait peut-être la dernière occasion de ma carrière." Il a su la saisir.

Edité par Gregory Blachier

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