Cyclisme: Philippe Gilbert n'est pas rassasié

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PHILIPPE GILBERT RESTE PLEIN D?AMBITIONS
PHILIPPE GILBERT RESTE PLEIN D?AMBITIONS

par Gilles Le Roc'h

DOHA (Reuters) - Après une année 2011 exceptionnelle qui l'a vu remporter 18 victoires, le coureur belge Philippe Gilbert a entamé cette semaine au Tour du Qatar la saison 2012 avec une nouvelle équipe et des ambitions intactes.

Vainqueur des trois classiques ardennaises, des titres de champion de Belgique (course en ligne et contre la montre) et de la première étape du Tour de France l'année dernière, il dresse, à bientôt 30 ans -il les fêtera le 5 juillet -, un bilan de ce cru 2011 dans un livre co-écrit avec Stéphane Thirion, "Philippe Gilbert, mon année de rêve".

Au sein de l'équipe BMC où il côtoiera ses amis Cadel Evans et Thor Hushovd, il pense trouver cette année les conditions qui lui permettront de dominer encore le peloton dans les courses d'un jour et ne doute pas de nouveaux succès en 2012.

Reuters: Philippe Gilbert, après avoir tant gagné en 2011, quel est votre état d'esprit cette saison ?

Philippe Gilbert: Le palmarès que j'ai bâti est acquis mais le plus dur reste à faire. Je suis toujours très motivé par les classiques et je me motive pour de nouveaux challenges. En mars, je vais aborder Milan-San Remo comme si je n'avais jamais gagné une classique, et en avril le Tour des Flandres en en rêvant depuis toujours.

Reuters: De Milan-San Remo à Liège-Bastogne-Liège, il faut savoir gérer six semaines intenses ?

P.G.: Un mois et demi, ce n'est pas si long. Mon programme fait que je ne cours pas trop et dans les courses je calcule mes efforts en ne me jetant pas dans des échappées de 150 km. Je me contente de suivre avant de prendre ma chance dans le final. Pour maintenir un pic de forme, je suis sérieux. Je ne fête pas mes victoires, je reste concentré et sérieux. J'ai la chance aussi de rester longtemps en forme. C'est vrai depuis les juniors où je gagnais sept ou huit victoires d'affilée. L'an dernier, j'ai réussi tout ce que je voulais faire. Cette année, je me suis donné tous les moyens pour le réaliser de nouveau. Je me suis bien entraîné, je ne suis pas sorti. Je fais tout ce qu'il faut. Après, entre gagner et finir deuxième, c'est une question de circonstances.

Reuters: Cette année, vos adversaires ne vous laisseront aucune liberté de mouvement...

P.G.: C'est sûr, quand j'attaque, je suis désormais dans la position de (Tom) Boonen et (Fabian) Cancellara. Plus tu gagnes et plus c'est difficile de gagner mais je ne suis pas Cancellara. Quand je gagne, je n'écrase pas. Lui, parfois, a eu besoin de freiner pour ne pas finir avec 5 minutes d'avance et en 2011 il a vécu une coalition. Moi, je gagne de justesse, dans les 500 derniers mètres.

Reuters: L'an dernier vous aviez lancé votre saison au Tour d'Algarve. Pourquoi revenir au Qatar ?

P.G.: Le Tour d'Algarve est plus tard et en 2011 j'avais fait beaucoup d'entraînement derrière une voiture pour être bien. C'est quand même plus gai de s'entraîner en course. En revanche, je ne disputerai pas le Tour d'Oman la semaine prochaine où il y a beaucoup de déplacements et de chaleur. Il est trop proche du Het Nieuwsblad, la classique d'ouverture en Belgique.

Reuters: Après les classiques, quel sera votre programme ?

P.G.: Je vais observer une coupure, reprendre au Tour de Belgique et je vais disputer de nouveau le Critérium du Dauphiné. J'ai envie de préparer le Tour plus sérieusement. Je ne l'ai d'ailleurs jamais fait. Je vais faire des stages similaires et disputer à bloc dans le Dauphiné des étapes de montagnes similaires à celles du Tour. Le but est d'aider Cadel à gagner le Tour.

Reuters: Quelle est votre relation avec lui ?

P.G.: En dehors du vélo, on ne serait pas amis mais sur le vélo, ça se passe super bien. Au départ de chaque course, il est là pour gagner. Il ne traîne jamais à l'arrière du peloton, il est concentré, il tire le groupe vers le haut. Chez BMC, il a son mot à dire sur le recrutement et a insisté pour que je vienne. On va faire de grandes choses ensemble.

Reuters: Après le Tour, le plus important est de gagner les Jeux Olympiques ou le Championnat du monde ?

P.G.: Les deux parcours me conviennent mais un peu moins Londres que Valkenburg. Ces deux événements sont lointains mais ça fait partie des pics programmés.

Edité par Grégory Blachier

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