Cyclisme: Patrice Clerc ne croit pas à une révolution

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PATRICE CLERC, EX-PATRON DU TOUR DE FRANCE, NE CROIT PAS À UNE "RÉVOLUTION" DANS LE CYCLISME
PATRICE CLERC, EX-PATRON DU TOUR DE FRANCE, NE CROIT PAS À UNE "RÉVOLUTION" DANS LE CYCLISME

PARIS (Reuters) - Patrice Clerc, qui fut directeur d'ASO, la société organisatrice du Tour de France, de 2000 à 2008, ne croit pas en une "révolution" dans le cyclisme, malgré la chute pour dopage de Lance Armstrong.

Dans un entretien accordé au journal Le Monde daté du 24 octobre, Patrice Clerc, qui avait entamé un bras de fer avec l'Union cycliste internationale (UCI) sur le thème du dopage alors qu'il dirigeait ASO, revient sur la situation de ce sport.

Il estime que la décision de suspendre à vie l'Américain et de le priver de ses sept titres sur le Tour de France entre 1999 et 2005 peut être une avancée. Sous conditions.

"C'est un jour important si le vélo décide réellement de se réformer et de tout mettre à plat. Mais c'est un jour très triste si, encore une fois, rien ne change, et une marche de plus dans la longue descente aux enfers", dit-il.

"Il faut un grand coup de balai (...) Le système sur lequel ont prospéré ces pratiques est toujours le même. Les hommes sont les mêmes, des juristes aux financiers de l'UCI, les managers des équipes..."

Patrice Clerc a tenté d'agir en son temps et, dit-il, cela lui a valu d'être poussé vers la sortie par ASO qui, plutôt que d'affronter l'UCI lors de la mise en place du Pro Tour et "de ses petits arrangements", a préféré "faire la paix", avec l'instance dirigeante.

"Ça a été un virage industriel. L'entreprise a choisi de changer de posture par rapport au dopage en décidant de ne plus intervenir dans la politique de ce sport pour endosser le rôle, plus confortable, de l'organisateur", dit-il.

Opposé à cette position, alors qu'il avait qualifié l'UCI d'"infréquentable", Patrice Clerc voudrait voir aujourd'hui son ancien employeur cesser de demeurer dans "une posture de neutralité" et de "continuer à se défausser sur l'UCI".

Mais il doute des capacités d'"hommes en place depuis si longtemps (...) à se réformer" et de voir une réaction des partenaires économiques précipiter le changement.

Pour Patrice Clerc, l'affaire Armstrong fait partie des scandales qui ont jalonné l'histoire de la Grande Boucle, à commencer par l'affaire Festina en 1998.

"Depuis, le Tour a survécu à de nombreux séismes. La chute d'Armstrong est le dernier épisode du formidable feuilleton du Tour de France qui va fêter sa 100e édition! Je crains donc que cette révolution ne se produise jamais", conclut-il.

Chrystel Boulet-Euchin, édité par Gilles Trequesser

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