Cyclisme: objectif "classiques" pour Philippe Gilbert

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OBJECTIF "CLASSIQUES" POUR PHILIPPE GILBERT
OBJECTIF "CLASSIQUES" POUR PHILIPPE GILBERT

par Gilles Le Roc'h

MASCATE (Reuters) - Dans la foulée du championnat du monde gagné fin septembre à Valkenburg, aux Pays-Bas, Philippe Gilbert est redevenu lui-même, un coureur souriant obsédé par les classiques du printemps.

Après le Tour Down Under, il disputait cette semaine le Tour d'Oman et s'il n'a pas été en mesure de gagner une étape, le Belge sait pourtant qu'il est sur la bonne voie.

Reuters : Philippe Gilbert, il y a un an vous avez connu une période de doutes. Vous semblez bien mieux en ce début de saison ?

Philippe Gilbert: En 10 ans de carrière, j'ai connu trois mois difficiles en 2012 et on m'en parle beaucoup mais je ne peux pas me plaindre. Trois mois dans une carrière, ce n'est rien. J'ai connu beaucoup de belles saisons, je retiens ça. Aujourd'hui, je me sens prêt, j'ai beaucoup de motivation. J'ai passé un bon hiver après avoir coupé la saison plus tôt. J'ai repris sur de bonnes bases. J'ai disputé la Vuelta en fin de saison dernière et c'est un acquis permettant de reprendre rapidement un entraînement sérieux.

Reuters : Quelle sensation donne le maillot arc-en-ciel chaque jour ?

Philippe Gilbert : Le moment suprême, c'est de le gagner. Le porter chaque jour c'est spécial, c'est un honneur, et j'espère être à la hauteur pendant les classiques qui sont mon objectif. C'est pour moi très important d'être bien déjà parce que le retard du début de saison ne se rattrape pas. Je l'ai constaté la saison dernière. Cela fait plaisir de voir où j'en suis. Je ne suis pas encore prêt à gagner mais je ne suis pas lâché non plus. J'ai commencé au Tour Down Under où je pensais lever les bras. Je suis rentré sans victoire mais en ayant la sensation d'avoir bien travaillé. Je me sens bien. J'ai une bonne condition et j'espère être parti pour plusieurs mois de succès.

Reuters : Quelles sont les classiques que vous voulez absolument gagner ?

Philippe Gilbert : Je rêve de toutes les classiques, surtout celles que je n'ai pas gagnées, donc Milan-San Remo et le Tour des Flandres. Vous me dites que Peter Sagan risque d'être imbattable à Milan-San Remo mais c'est encore loin. Au début de saison, il y a des différences énormes d'une condition à l'autre, en fonction de l'entraînement de chacun. Je sais que je vais être de mieux en mieux chaque semaine. Si je n'ai pas de pépins, je vais monter en pression jusque fin avril. Les courbes des coureurs risquent de se croiser. Moi aujourd'hui, je vois la qualité de l'équipe BMC faite de coureurs d'expérience. Je sais où je vais. L'adversité, je vais y faire attention 3-4 jours avant d'aller à Milan. Ce n'est pas important que Sagan soit beaucoup plus fort que moi aujourd'hui. S'il l'est à la Flèche Brabançonne, ça peut poser problème mais ce ne sera pas le cas.

Reuters : Vous prétendez toujours qu'il n'est pas nécessaire d'être à 100% de sa forme pour gagner Milan-San Remo ?

Philippe Gilbert : Hormis Simon Gerrans en 2012, les derniers vainqueurs étaient bien mais pas au top. Si je suis à 100% pour la Primavera, j'aurais un grand problème pour Liège-Bastogne-Liège. Ce n'est pas ce que je veux. En revanche pour gagner Liège-Bastogne-Liège, il faut être 100% ! En 2011 j'avais fini 3e à San Remo avec deux kilos en trop. Si j'avais été en grande forme, j'aurais gagné le sprint mais je n'aurais pas gagné Liège. Je cible une période longue.

Reuters : Le Tour des Flandres est le deuxième grand objectif. Appréciez-vous le nouveau parcours ?

Philippe Gilbert : J'ai la chance de bien connaître l'organisateur et je lui ai dit ce que je pense du parcours. C'est une erreur d'avoir laissé 25 kilomètres tout plats avant le premier passage au Vieux Quaremont. Ça casse la course. Les mecs ont le temps de récupérer et de manger, les mecs lâchés peuvent revenir. Après c'est la loterie. Au pied du Quaremont, il faut être dans les 30 premiers ou bien c'est fini. On ne l'a fait qu'une fois sur le sec. Je suis curieux de voir ce que ça va donner sous la pluie. Je ne connais pas beaucoup de coureurs capables de monter le Paterberg sur le vélo quand il pleut. Si ça arrive un jour, il y en aura 10, pas plus et tous les autres à pied. Ce ne sera pas un beau spectacle. Ce sera un peu chaotique mais il y aura quand même un vainqueur et le vainqueur aura toujours raison.

Reuters : Vous êtes toujours décidé à ne pas disputer le Tour de France ?

Philippe Gilbert : Il n'y rien de décidé. On verra après Liège ce qu'il me reste comme forces. Je n'ai jamais caché que je ne suis pas un grand fan du Tour. J'ai accompli mes rêves, j'ai porté le maillot jaune, gagné une étape, également porté les maillots à pois et vert. Je n'aurai jamais la victoire finale, je peux espérer un Top 15, voire un Top 10 et ça changerait quoi ? J'ai beaucoup plus envie de me focaliser sur le championnat du monde en Italie. J'ai une envie de revanche pour le contre-la-montre par équipes que BMC a raté de trois secondes en 2012. C'est à la Vuelta que je vais préparer cette échéance.

Edité par Olivier Guillemain

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