Cyclisme: McQuaid envoie des signes d'apaisement à l'Usada

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PAT MCQUAID ENVOIE DES SIGNES D'APAISEMENT À L'USADA
PAT MCQUAID ENVOIE DES SIGNES D'APAISEMENT À L'USADA

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Le président de l'Union cycliste internationale (UCI) Pat McQuaid a fait mercredi un pas en vue d'un réchauffement des relations entre son institution et l'Agence américaine antidopage (Usada), écornées par l'affaire Lance Armstrong.

Entendu par la commission d'enquête du Sénat français sur l'efficacité de la lutte contre le dopage, le patron de l'UCI a fait savoir qu'il allait inviter "dans les prochaines semaines" son homologue de l'Usada, Travis Tygart, au siège de l'instance dirigeante du cyclisme à Aigle, en Suisse.

Dans un esprit de coopération réclamé par l'Usada depuis des mois, notamment lors de l'audition de Tygart devant cette même commission, McQuaid a par la suite expliqué que l'UCI transmettrait prochainement tous les éléments en sa possession concernant Armstrong.

"L'UCI va transmettre à l'Usada et à l'AMA (Agence mondiale antidopage, ndlr) tout ce qui concerne les résultats des tests effectués sur Lance Armstrong depuis 1999. Les premiers éléments vont être transmis cette semaine", a dit McQuaid.

"Nous reconstruisons notre relation avec l'Usada. J'ai parlé avec Tygart il n'y a pas longtemps et nous allons nous voir bientôt", a-t-il ajouté.

Après un long monologue au cours duquel il a détaillé toutes les actions mises en oeuvre par l'UCI pour lutter contre le dopage depuis plusieurs années, l'ancien coureur irlandais a fait un mea culpa minimal concernant l'affaire Armstrong.

"L'UCI n'a pas protégé Lance Armstrong. A-t-il reçu un traitement préférentiel ? La réponse est non. Il était traité comme tous les autres coureurs", a-t-il avancé, alors que son institution est accusée d'avoir fermé les yeux sur les pratiques du champion déchu.

"RESPONSABILITÉ COLLECTIVE"

Au sujet des dons que l'ancien coureur texan a fait à l'UCI pendant sa carrière, pour un montant de 125.000 dollars, McQuaid a souligné qu'a posteriori, il s'agissait d'une "erreur".

"J'ai déjà dit que c'était une erreur. Etant donné tout ce qu'on sait aujourd'hui sur Lance Armstrong, c'était une erreur d'accepter cet argent."

Un autre point important a été abordé au cours de cette audition, à savoir les cinq contrôles - dont deux suspects - réalisés sur Lance Armstrong sur le Tour de Suisse 2001.

Sur ce sujet, McQuaid a expliqué dans un premier temps que tous les échantillons avaient été analysés et qu'il n'y avait eu aucune tentative de dissimulation, ce que réfutent plusieurs personnes ayant enquêté sur l'affaire, persuadées que tous les échantillons n'ont pas été traités.

Dans un second temps, le patron de l'UCI a souligné qu'à l'époque, les moyens à la disposition des agences et de l'UCI ne permettaient pas d'être formel dans les cas litigieux.

"A cette époque - où je n'étais pas président -, les laboratoires ne donnaient que deux résultats: positif ou négatif. Dans le cas d'un résultat suspect, nous ne pouvions rien faire car nous nous exposions à des poursuites légales", a-t-il avancé.

"On pouvait juste cibler l'athlète lors de la compétition suivante. C'est ce qui a été fait lors du Tour de France 2001 sur Armstrong, où il a été contrôlé entre dix et douze fois."

"Je ne suis pas fier de cette affaire", a-t-il dit plus tard, en guise de conclusion, en tenant bien à souligner que tous les acteurs du cyclisme et de la lutte antidopage étaient coresponsables selon lui.

"Je souhaiterais qu'on puisse attraper tous les tricheurs dans notre sport. Lance Armstrong a été contrôlé tout au long de sa carrière par l'Ama, l'Usada et par d'autres organisations mais aucun de ces tests ne s'est révélé positif. Il existe une responsabilité collective."

Edité par Grégory Blachier

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