Cyclisme: le scandale de trop pour Rabobank qui se retire

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RABOBANK QUITTE LE CYCLISME APRÈS UN ÉNIÈME SCANDALE DE DOPAGE
RABOBANK QUITTE LE CYCLISME APRÈS UN ÉNIÈME SCANDALE DE DOPAGE

par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - L'annonce vendredi par la banque néerlandaise Rabobank qu'elle mettrait un terme en fin d'année au contrat la liant au cyclisme professionnel s'assimile à un coup de tonnerre.

Le récent rapport de l'agence américaine antidopage (Usada) sur l'affaire Lance Armstrong a sonné comme le glas des ambitions dans le cyclisme pour la banque orange, engagée dans le peloton depuis 1996 lorsqu'elle avait repris le groupe sportif monté en 1984 par l'ancien champion du monde Jan Raas.

Elle était devenue au fil du temps l'un des plus anciens partenaires d'équipes, avec Lotto, la loterie belge, et Lampre, l'industriel italien.

Elle inscrivait son action dans une démarche globale, à l'image du Team Sky en Grande-Bretagne : financer le cyclisme au plus haut niveau avec deux équipes professionnelles hommes et femmes, deux équipes de formations espoir et junior (cette dernière aujourd'hui disparue). Rabobank était également le partenaire principal de la Fédération néerlandaise de cyclisme.

Michael Boogerd, vainqueur d'une étape du Tour de France 1996 à Aix-les-Bains, a été l'icone d'une équipe dont les dirigeants n'ont cessé de répéter qu'ils ne toléreraient aucune affaire de dopage en son sein, menaçant de mettre un terme à son action dans le peloton.

Le plus surprenant est peut-être que la sentence soit tombée après une affaire dans laquelle Rabobank n'est pas cité : le cas Lance Armstrong ne la concerne que par ricochet.

L'Américain Levi Leipheimer, passé par l'US Postal où il a côtoyé le septuple vainqueur du Tour de France, a avoué avoir continué à se doper au sein de la Rabobank, entre 2002 et 2004, avec l'aide du médecin de l'équipe.

Le coureur, qui a participé à dix Tours de France et fini quatre fois dans les dix premiers, est l'un des 11 anciens équipiers de Lance Armstrong à avoir témoigné contre lui dans la procédure de l'Usada.

FRONCER LES SOURCILS

Par le passé, la Rabobank a été citée dans des affaires à plusieurs reprises sans que sa menace de retrait du peloton soit suivie d'effets.

Il y eut d'abord l'affaire Humanplasma, du nom d'un laboratoire autrichien où plusieurs de ses coureurs se seraient rendus pour manipuler leur sang de 2003 à 2006.

Confondu dans cette affaire, Stefan Matschiner, l'agent de Bernhard Kohl, avait cité le nom de Michael Boogerd. Rabobank s'était alors contenté de froncer les sourcils.

Puis, en 2007, Theo De Rooy, alors manager de l'équipe professionnelle, avait exclu en plein Tour de France le grimpeur danois Michael Rasmussen, alors porteur du maillot jaune, parce qu'il avait triché avec les règles de localisation.

Le directoire de Rabobank n'avait pas jugé opportun à ce moment-là de quitter le cyclisme.

Certes, aujourd'hui le rapport de l'Usada va plus loin.

Il peut laisser penser, comme le dit Bert Bruggink, membre du conseil d'administration qui signe le communiqué émis vendredi, que "nous n'avons plus la conviction que le monde cycliste professionnel international puisse rendre ce sport propre et équitable. Nous ne croyons pas à des améliorations dans un avenir proche".

Rabobank est néanmoins directement visé par deux procédures en cours.

Sur la foi de son passeport biologique, l'Espagnol Carlos Barredo n'est plus autorisé à courir par l'Union cycliste internationale (UCI) et risque une suspension de deux ans.

En outre, à quelques jours de la conclusion d'une enquête menée en Italie par le procureur de Padoue, le nom de l'équipe néerlandaise est cité dans le cadre d'une vaste opération de dopage organisé et de blanchiment d'argent sous la férule du médecin Michele Ferrari.

Edité par Simon Carraud et Gilles Trequesser

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