Cyclisme: le parcours du Giro revient à échelle humaine

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par Gilles Le Roc'h

MILAN (Reuters) - Nouveau directeur de l'organisation du Tour d'Italie cycliste, Michele Acquarone a présenté dimanche le parcours du Giro 2012, qui revient à échelle humaine après des années tournées vers le marketing.

Au lendemain du Tour de Lombardie, la présentation à Milan de la course, qui aura lieu du 5 au 27 mai, marque une nette rupture avec les dernières éditions.

Le changement de directeur d'un Grand Tour n'est jamais un moment anodin dans l'histoire d'une épreuve qui y trouve toujours l'occasion de vivre d'un souffle nouveau.

Après l'empirisme parfois déraisonné de son prédécesseur Angelo Zomegnan, Michele Acquarone présente un Tour d'Italie 2012 résolument humain, comme il l'avait promis.

Avant même que le parcours ne soit publié, le nouveau directeur avait affirmé tenir compte des critiques nées en 2011 d'une course beaucoup trop difficile, alignant dans la démesure des étapes de montagne gigantesques et disputées au prix de transferts trop fréquents.

Ce parcours avait permis à l'Espagnol Alberto Contador (Saxo Bank) d'inscrire une deuxième fois son nom au palmarès de l'épreuve et avait fixé les limites inquiétantes du cyclisme italien, bien que Michele Scarponi et Vincenzo Nibali se soient hissés sur le podium.

De tous les protagonistes d'une course que Zomegnan s'était plu à considérer comme la plus exigeante de l'histoire, aucun ne s'en est réellement remis au cours de la saison et le virage pris par le Giro en mai prochain semble être nécessaire.

Le Giro ne doit plus faire peur et doit attirer les meilleurs coureurs du monde.

UNE ARRIVÉE AU STELVIO

Les champions étaient nombreux à Milan à avoir répondu à l'invitation de RCS, la société organisatrice, à l'image d'Alberto Contador, du champion du monde Mark Cavendish, des Norvégiens Thor Hushovd et Edvald Boasson Hagen, du Français John Gadret, quatrième en 2010 et de tous les principaux coureurs italiens, même s'ils ne participeront pas forcément à l'épreuve.

Pour la première fois de son histoire, et après s'être élancé par le passé de France, de Belgique ou des Pays-Bas, la course partira du Danemark, plus précisément de la ville de Herning, dont est originaire Bjarne Riis, l'actuel patron de Contador.

Les trois premiers jours en Scandinavie seront favorables aux sprinteurs avant que toute la caravane ne profite d'un premier jour de repos le 8 mai pour se rendre à Vérone où se déroulera un contre-la-montre par équipes avant de descendre vers le sud par la côte est, en épousant parfois les reliefs montagneux du centre du pays.

Les organisateurs devraient en profiter pour parsemer les étapes propices à des arrivées massives, l'objectif étant de faire venir Mark Cavendish et de le faire rester jusqu'à l'arrivée finale à Milan. Comme la plupart des sprinteurs, le Britannique avait en effet fait ses bagages après la 12e étape en mai dernier.

La troisième semaine, plus conventionnelle, désignera le vainqueur au gré des étapes dans les massifs des Dolomites et des Alpes avec une dernière étape de montagne énorme le samedi 26 mai et une arrivée au sommet du Stelvio.

Alberto Contador a d'ores et déjà annoncé qu'il ne sera pas au départ de Herning, misant toute sa saison sur le Tour de France où il ne veut plus connaître la défaite. Il en vante néanmoins les mérites.

"Ce sera un Giro plus humain avec des phases de récupération beaucoup plus importantes. Je ne pense pas que j'en prendrai le départ mais il s'agira d'une course très intéressante", a dit l'Espagnol.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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