Cyclisme: le coup d'éclat d'Arthur Vichot

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par Gilles Le Roc'h

LANNILIS, Finistère (Reuters) - À 24 ans, un an après s'être révélé en s'imposant dans une étape du Critérium du Dauphiné, Arthur Vichot a signé dimanche un exploit dans le Finistère pour devenir champion de France de cyclisme sur route et succéder à son équipier Nacer Bouhanni.

Que la FDJ gagne encore n'est pas une surprise, mais presque personne n'imaginait que le vainqueur serait un attaquant de la première minute ni qu'il pourrait dominer Sylvain Chavanel et Tony Gallopin après six heures d'effort.

C'est pourtant exactement ce qu'a fait Arthur Vichot.

"J'ai respecté les consignes puisque je faisais partie d'un groupe de coureurs, dans mon équipe qui devaient accompagner les premières échappés", a dit le vainqueur après l'arrivée.

Il y avait aussi trois coureurs de la formation Sojasun, Jimmy Engoulvent notamment, Steve Chainel (Ag2R-La Mondiale), les rapides Sébastien Chavanel (Europcar) et Stéphane Poulhiès (Cofidis).

A mi-course, l'avance des onze hommes de tête était de 11 minutes et c'est la formation Ag2R-La Mondiale, la première, qui a lancé la poursuite.

De façon plus virulente, à quatre tours de l'arrivée, l'équipe FDJ a donné un sérieux coup de pédale, non pas pour condamner Vichot mais pour éliminer une grosse partie du peloton.

A trois tours de l'arrivée, avec l'aide de son copain Jérôme Pineau, Sylvain Chavanel a fini le travail, son accélération éliminant Thomas Voeckler et Bryan Coquard (Europcar).

"J'avais de bonnes jambes", a expliqué Vichot. "Et puisque mon équipier William Bonnet avait été distancé sur crevaison, puisque mes compagnons d'échappée ne se livraient pas vraiment, je suis parti tout seul à 40 kilomètres de l'arrivée."

"SIGNE DU DESTIN"

"Quand Chavanel, puis Gallopin sont revenus sur moi à l'entame du dernier tour, j'étais à peu près certain de ne pas être distancés par eux. Même s'ils étaient forts et plus frais que moi."

Vichot a donc choisi de rester en retrait avant de prendre quelques relais intelligents. Des trois hommes de tête, Gallopin était le plus rapide, donc le favori. Il a pourtant pris une décision qui s'est retournée contre lui.

"A un kilomètre de l'arrivée, j'avais décidé de ne plus prendre de relais", a-t-il raconté après coup. "Vichot a fait tourner mais Chavanel a ralenti. Vichot a insisté, puis s'est retourné. Il avait quelques mètres d'avance."

"Il a alors porté une véritable attaque. Chavanel a attendu un peu, moi aussi et c'est donc comme ça que s'est jouée la victoire."

"Pour nous, la situation était vraiment compromise mais avec Arthur, tout est possible. Lui, il est capable de coups d'éclat hors du commun", assure Franck Pineau, l'un des responsables de la FDJ.

Sur le podium, Vichot semblait encore incrédule. Le masque de Chavanel, sacré en 2011, trahissait quant à lui son énorme déception, tout comme les larmes aux yeux de Gallopin.

Au pied du podium, les directeurs sportifs du nouveau champion de France avaient la gorge serrée ou bien pleuraient, avec une pensée pour leur patron Marc Madiot, absent de la course pour cause de deuil.

"Je n'ai pas eu la force de regarder le championnat", a dit ce dernier, joint au téléphone par Reuters.

"J'ai allumé la télé à un kilomètre de l'arrivée, au moment précis où Arthur a attaqué. J'y ai vu un signe du destin... Je suis très heureux, très fier aussi."

Edité par Simon Carraud et Jean-Stéphane Brosse

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