Cyclisme: lassitude sur la Vuelta concernant Lance Armstrong

le
0

par Gilles Le Roc'h

ALCANIZ, Espagne (Reuters) - Il y avait un sentiment de lassitude vendredi au départ de la septième étape du Tour d'Espagne cyclisme, quelques heures après le verdict de l'agence américaine de lutte contre le dopage concernant Lance Armstrong.

Directeurs sportifs ou coureurs n'avaient pas envie d'aborder le sujet. Que dire sinon répéter tout ce qui a été dit depuis des années sur le mensonge des palmarès et l'image du cyclisme ?

Désormais, le cyclisme doit composer avec son passé et peut- être mieux préparer l'avenir encore. C'est le sentiment délivré à l'agence Reuters par Patrick Lefévère, manager de l'équipe Omega Pharma-Quick Step.

"Déclasser un vainqueur n'est pas bon pour le cyclisme, parce que ceux qui sont derrière ont été contrôlés comme lui pour un verdict qui, alors, était semblable. Et cela laisse le doute", a dit Lefévère.

"Moi je pense qu'il ne faut pas remplacer les vainqueurs, il faut mettre la lettre 'x' à la place du coureur déchu. Les organisateurs préfèrent un nom, préfèrent donner le maillot jaune à Andy Schleck deux ans après... Dix ans peut-être concernant Armstrong?"

Patrick Lefévère ne veut donc pas épiloguer sur le Texan ni sur son entourage. Il préfère se concentrer sur les leçons du passé et sur la préparation de l'avenir.

"Le mieux serait d'investir toute l'énergie perdue dans cette affaire dans la lutte contre le dopage. L'UCI fait beaucoup d'efforts, je ne dis pas qu'elle fait du mauvais boulot mais ça peut aller mieux encore. Notamment auprès des jeunes où il n'y a jamais de contrôle", souligne-t-il.

"ON NE POURRA PAS DIRE 'ON NE SAVAIT PAS'"

"Un exemple, tu vas en France, au championnat de France, tu vas discuter avec un bon coureur français, Florian Sénéchal, et tu lui demandes 'combien de contrôles as-tu subi en France?' Il dit zéro.

"Les histoires anciennes, malheureusement, il faut attendre qu'elles s'éteignent d'elles-mêmes mais il faut travailler pour éviter au maximum de futures affaires parce qu'elle seraient vraiment très graves pour le cyclisme.

"On ne pourra pas dire 'on ne savait pas'. C'est une question d'éducation. Florian Sénéchal va passer pro chez nous et il y a donc un travail à faire de ce point de vue puisqu'il n'a pas été correctement fait auparavant."

Patrick Lefévère note également l'incohérence du système actuel prônant, certes, une lutte antidopage sans merci, mais également un agrandissement permanent du calendrier.

"Maintenant, on commence la saison au Tour Down Under en janvier et on va en Chine à la mi-octobre. Sans concertation avec les équipes, en nous y obligeant. On ne veut pas de dopage mais on a limité le nombre des coureurs dans chaque équipe (maximum 30) et les saisons sont de plus en plus longues, avec un nombre de courses qui a doublé en dix ans", rappelle-t-il.

"La solution, c'est aussi de passer les équipes à 40 coureurs si on continue de nous faire courir toujours plus, aux quatre coins de la planète, et de faire en sorte que le coureur dispute chaque année 70 à 100 jours de course, pas davantage."

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant