Cyclisme: la promesse d'une course en ligne excitante aux Mondiaux

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PHILIPPE GILBERT, FAVORI DE LA COURSE EN LIGNE DES MONDIAUX DE CYCLISME
PHILIPPE GILBERT, FAVORI DE LA COURSE EN LIGNE DES MONDIAUX DE CYCLISME

par Gilles Le Roc'h

VALKENBURG, Pays-Bas (Reuters) - La succession de Mark Cavendish, dimanche dans la course en ligne des championnats du monde de cyclisme à Valkenburg, suscite bien des convoitises, d'autant que le tracé promet aux suiveurs une journée électrique.

Le mois de juillet n'a pas été très porteur pour le cyclisme qui ennuie lorsqu'il est réduit au spectacle soporifique du dernier Tour de France, où le rouleau compresseur du Team Sky avait écrit le scénario à l'avance et interdit toute offensive pour faire triompher Bradley Wiggins.

Le terrain de ce Tour 2012 ne se prêtait pas assez au mouvement, contrairement à l'explosif Tour d'Espagne gagné par Alberto Contador après trois semaines d'attaques à tout-va dans les cols et côtes ibériques.

Dans la continuité de cette Vuelta, le parcours du championnat du monde s'annonce excitant.

Les courses d'un jour le sont par nature parce que le vélo y est plus simple: départ le matin, arrivée six ou sept heures plus tard et au final un seul homme levant les bras.

Aux Pays-Bas, les organisateurs ont répondu à ce besoin d'un cyclisme attractif en dessinant un tracé qui ne peut en aucun cas favoriser une course d'attente.

Les cent premiers kilomètres, en ligne de Maastricht à Valkenburg, pèseront dans les jambes et mettront les nerfs à rude épreuve avec leurs routes hostiles. Il faudra y donner de multiples coups de frein lors des traversées des villes et des villages et presque autant de coups de reins pour bien franchir neuf côtes.

Les coureurs pénétreront alors sur le circuit de Valkenburg à parcourir dix fois, pour autant de passages sur le Bemelerberg puis le Cauberg, traditionnel lieu d'arrivée de l'Amstel Gold Race en avril.

GILBERT EN FAVORI

Il est presque impossible d'imaginer une équipe nationale verrouiller la course comme l'avait fait la Grande-Bretagne en faveur de Mark Cavendish il y a un an à Copenhague.

Ces Mondiaux se rapprocheront plus sûrement de la course olympique que personne n'avait maîtrisée et qui avait servi les intérêts du Kazakh Alexandre Vinokourov, opportuniste et dont la prise de risque avait été à la hauteur de son sens de la course.

Dans l'esprit de tous, le grand favori dimanche s'appelle Philippe Gilbert, dont le retour en forme a été signalé par ses deux victoires d'étape dans la Vuelta -à Barcelone et à La Lastrilla- et parce qu'il est capable de faire la différence dans le Cauberg, distant de 1.300 mètres de la ligne d'arrivée.

Puisque ce circuit peut favoriser les puncheurs, l'Espagnol Joaquim Rodriguez recueille également de nombreux suffrages.

La sélection belge a annoncé la couleur par la voix de Jürgen Roelandts: "Notre boulot sera de déposer Philippe Gilbert et Tom Boonen au pied du Cauberg."

A charge pour Gilbert de tenter sa chance dans la pente et, si le plan ne fonctionne pas, à Tom Boonen de faire parler sa pointe de vitesse après 267 kilomètres, ce qu'il fait avec succès dans les classiques de printemps.

Le scénario devrait également convenir au Norvégien Edvald Boasson Hagen, au Slovaque Peter Sagan ou à l'Allemand John Degenkolb - s'il a survécu à toutes les ascensions.

Pour les contrarier, tous les autres auront intérêt à durcir la course, créer du mouvement, anticiper. Tout simplement pour se donner une chance.

Dans ce registre, l'Italie, privée d'un leader assuré de jouer la gagne, détient les clés de la course. Vincenzo Nibali et le talentueux Moreno Moser, neveu de Francesco, champion du monde en 1977, ne pourront se permettre d'attendre.

C'est aussi vrai pour les Hollandais et bien entendu pour les Français qui ont fait de Thomas Voeckler leur leader désigné.

Parce qu'il est un coureur instinctif, il aura une belle carte à jouer.

Edité par Gregory Blachier

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