Cyclisme: la consécration pour Philippe Gilbert

le
0
LE BELGE PHILIPPE GILBERT CHAMPION DU MONDE DE LA COURSE EN LIGNE
LE BELGE PHILIPPE GILBERT CHAMPION DU MONDE DE LA COURSE EN LIGNE

par Gilles Le Roc'h

VALKENBURG, Pays-Bas (Reuters) - Philippe Gilbert est redevenu irrésistible. A 30 ans, le Belge a décroché dimanche aux Pays-Bas le titre de champion du monde en s'imposant en solitaire devant le Norvégien Edvald Boasson Hagen et l'Espagnol Alejandro Valverde.

Tout, avant le départ, désignait le Wallon comme favori d'une course qui se dispute, année après année, de la même façon: les fortes nations verrouillent la course pour propulser leur leader vers la dernière difficulté, en l'occurrence le Cauberg, dont la pente devait servir les desseins d'un puncheur.

C'est exactement ce qui est arrivé ce dimanche, quand Philippe Gilbert a attaqué à trois kilomètres de l'arrivée, dans ce même Cauberg où il avait construit sa victoire l'an dernier dans l'Amstel Gold Race.

Son offensive tranchante, spectaculaire, de celles qui irradient la foule, a tout simplement rappelé combien il avait été irrésistible l'an dernier (18 victoires), combien il a dû souffrir en silence quand, au printemps, il fut incapable d'être un acteur majeur des classiques.

Le temps a dû lui paraître long, jusqu'à ce qu'il retrouve le sens de la victoire il y a trois semaines, dans la neuvième étape du Tour d'Espagne.

Toute sa rage de vaincre était perceptible dans cette attaque portée dans la septième heure d'un championnat du monde qui aurait pu, tout aussi bien, lui échapper.

BOASSON HAGEN, AIDE MALGRÉ LUI

La course accoucha d'un très grand spectacle. Le scénario pressenti d'une attaque de dernière seconde a été respecté mais l'équipe belge a dû surmonter nombre de péripéties pour permettre à son leader d'y croire.

"Oui, c'était mal parti, avec une ne première échappée de 11 coureurs dans laquelle nous ne figurions pas. Nous avons pris nos responsabilités, l'équipe belge a roulé toute la journée", a reconnu Philippe Gilbert.

Elle a mené le train pour maîtriser cette première échappée dans laquelle figurait le Français Jérôme Coppel, puis une deuxième, bien plus dangereuse, déclenchée par Juan-Antonio Flecha à 128 km de l'arrivée, avec un autre Français, Maxime Bouet.

Les deux groupes se sont réunis mais le Mondial a semblé prendre une tournure définitive quand, à 80 km du but, Alberto Contador est sorti du peloton, en compagnie de Thomas Voeckler, du Hollandais Robert Gesink et de l'Italien Diego Ulissi.

Quelques kilomètres plus loin, 29 hommes se regroupaient donc en tête et se donnaient rapidement un avantage d'une minute.

"Ce n'était pas le scénario prévu mais c'était un super coup à jouer", a expliqué Thomas Voeckler.

"Immédiatement, j'ai demandé à tout le monde de rouler avec nous mais seuls les Espagnols l'ont fait sans retenue, un peu les Italiens. J'ai compris que ce n'était pas possible d'aller au bout et je suis resté sagement dans les roues en prévision du final."

Derrière, les Belges, assistés des Allemands et des Australiens, ont continué de rouler pour finalement obtenir gain de cause.

A trente kilomètres de l'arrivée, une cinquantaine d'hommes pouvaient encore rêver du titre, notamment des sprinteurs, Tom Boonen, John Degenkolb, Edvald Boasson Hagen et Peter Sagan, dont la cote remontait en flèche.

Au final, Philippe Gilbert a su faire la décision en bénéficiant d'un petit coup de pouce du destin, contrairement à ce qu'il s'était passé en 2010, quand il avait été repris à quatre kilomètres de l'arrivée.

Cette fois, le vent lui était favorable et la présence de Boasson Hagen dans le petit groupe qui aurait pu revenir sur lui fut capitale. Ni Alejandro Valverde, ni le Russe Alexandre Kolobnev n'ont voulu faciliter la tâche du Norvégien. Sous la flamme rouge, le champion du monde était désigné.

"J'ai eu le temps de savourer dans les derniers mètres", a dit le successeur de Mark Cavendish.

"C'est un moment incroyable de ma carrière que de gagner devant ma famille et mes amis. Jeudi, dans le Tour du Piémont, quand je vais porter pour la première fois le maillot arc en ciel, je pense que je vais réaliser ce qu'il m'arrive !"

Edité par Grégory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant