Cyclisme: la composition du World Tour pointe les erreurs de l'UCI

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par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - Quatre jours après avoir soldé l'ère Lance Armstrong, l'Union cycliste internationale (UCI) avait l'occasion, avec l'annonce des 15 premières équipes du World Tour 2013, de frapper un grand coup. Echec sur toute la ligne.

Pour faire partie du World Tour, le circuit d'élite du cyclisme, une équipe doit satisfaire à des critères sportifs, financiers, mais aussi éthiques.

La Commission des licences a décidé d'intégrer au World Tour la formation Radioshack-Nissan, qui vient de se séparer de Johan Bruyneel mais compte toujours dans ses rangs Frank Schleck, positif sur le dernier Tour de France.

Elle a aussi conservé la Lampre, pourtant au centre de l'affaire de Padoue, ainsi que ce qui reste de Rabobank, formation sans sponsor titre en 2013 elle aussi impliquée, via notamment Carlos Barredo, dans des affaires de dopage présumé.

Astana, avec dès l'année prochaine aux commandes Alexandre Vinokourov, coupable de dopage sanguin en 2007, est également dans le World Tour.

Alors que se profile le procès de l'affaire Puerto en janvier et la clôture prochaine de l'enquête de Padoue sur un système de blanchiment d'argent et de dopage présumés de grande ampleur, l'occasion était belle pour l'UCI et son président Pat McQuaid d'envoyer un signal fort.

L'UCI aura beau jeu de s'abriter derrière l'indépendante Commission des licences. Cette dernière agit toutefois sur recommandation de Pat Mcquaid, qui briguera un nouveau mandat de président l'année prochaine.

D'un autre côté des formations à la réputation bien plus saine, telles la FDJ, Lotto-Belisol ou Argos-Shimano, devront passer l'oral de rattrapage.

Alors que les membres du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) ont déjà dressé une liste de mesures, l'UCI a remis au mois de juin les travaux d'une commission chargée de renforcer la lutte antidopage.

A Genève la semaine dernière, Pat McQuaid, en déclarant qu'Armstrong n'avait rien à voir avec le cyclisme, avait l'occasion de faire le ménage.

En 1998, déjà, l'UCI avait châtié les seuls coureurs de l'équipe Festina.

C'est sur cette bête que le germe Armstrong s'était développé.

Gilles Le Roc'h, édité par Julien Prétot

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