Cyclisme: l'Italie s'en remet à Vincenzo Nibali

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VINCENZO NIBALI, PORTEUR DES ESPOIRS ITALIENS AUX MONDIAUX DE CYCLISME
VINCENZO NIBALI, PORTEUR DES ESPOIRS ITALIENS AUX MONDIAUX DE CYCLISME

par Gilles Le Roc'h

FLORENCE, Italie (Reuters) - Pour la quatrième fois en quatorze ans, l'Italie accueille les championnats du monde de cyclisme et veut en profiter pour rompre avec une série peu glorieuse de quatre années sans médaille, comptant pour cela sur Vincenzo Nibali.

La précédente longue disette des Italiens remonte aux années d'avant et d'après la Seconde Guerre mondiale, quand ils traversèrent cinq éditions -1937, 1938, 1946, 1947 et 1948- sans glaner une récompense, avant que Fausto Coppi n'y remédie avec l'argent en 1949 puis le titre, en 1953.

La sélection italienne affiche un maigre bilan depuis 2009 qu'elle évolue sous les ordres de l'ancien double champion du monde Paolo Bettini, peu au goût de tifosi qui voient en Nibali, vainqueur du Giro cette année, sa seule chance de titre dimanche à Florence.

Les Italiens avaient été gâtés par les années 2000 avec les titres de Mario Cipollini, en 2002 à Zolder en Belgique, Paolo Bettini en 2006 à Salzbourg en Autriche et 2007 à Stuttgart en Allemagne, et Alessandro Ballan en 2008 à Varèse, devant son public.

Depuis, plus rien, comme si l'Italie ne s'était pas remise de la mort tragique dans un rallye automobile du précédent directeur technique de la Squadra Azzurra, Franco Ballerini, il y a trois ans.

Pour Paolo Bettini, Toscan comme son prédécesseur, ces Mondiaux sont primordiaux car il vit une relation tumultueuse avec Renato Di Rocco, le président de sa fédération, et déplore notamment un manque de moyens avec un budget divisé par deux durant l'été.

Bettini, qui se déplace rarement sur les courses, avait été à deux doigts de démissionner cet été, et seule une victoire dimanche au bout des 272,26 km pourrait changer la donne.

L'AVANTAGE DE LA VUELTA

Dans un cyclisme italien en perte de vitesse, Nibali est le seul à lutter au plus haut niveau international, quand Filippo Pozzato ou Giovanni Visconti doivent espérer un petit coup de pouce du destin et que le talentueux Diego Ulissi, 24 ans, a encore besoin d'un peu de temps.

Sur un parcours qui a désigné deux grands favoris, le Suisse Fabian Cancellara et le Slovaque Peter Sagan, ce championnat du monde sera une affaire de fierté pour Nibali.

Il se sait condamné à un acte de bravoure tel que celui réussi pour s'imposer dans Tirreno-Adriatico en mars dernier, même s'il n'en est pas coutumier, en témoigne l'absence d'une grande classique à son palmarès où figure le seul Grand Prix de Plouay 2006 comme fait d'armes sur un jour.

"Le circuit est difficile et le point clé est proposé par l'enchaînement de la côte de Fiesole avant la descente qui est technique puis le raidard de la Via Salviati", a relevé Nibali. "La pluie est annoncée, cela ne me déplaît pas mais je suis conscient que je vais devoir passer à l'action."

Le leader de l'équipe italienne a dans les jambes le rythme glané sur les 21 étapes du Tour d'Espagne dont il a pris la deuxième place et il ne doute pas de sa capacité à briller dimanche.

"La Vuelta est la meilleure préparation au Mondial et c'est un avantage que j'ai sur Peter Sagan qui ne l'a pas disputée et qui risque d'être un peu court. C'est simple, après ma victoire dans la Vuelta en 2010, j'ai fait un bon Mondial", dit-il.

"Les années suivantes, j'ai fait l'impasse et je n'étais pas en condition suffisante. J'ai confiance!"

Derrière Nibali, l'Italie pourrait compter sur Pozzato, récent vainqueur du Grand Prix de Plouay, pour jouer la gagne en cas d'arrivée groupée et peut-être sur Visconti s'il y a une course de mouvements, quand bien même il aura peut-être peu de soutien, ni Nibali ni Pozzato n'ayant souhaité sa présence.

Edité par Gregory Blachier

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