Cyclisme: l'équipe IAM fait souffler un vent nouveau au Qatar

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par Gilles Le Roc'h

MADINAT AL SHAMAL, Qatar (Reuters) - Le Tour du Qatar, sur lequel règne le Britannique Mark Cavendish, vainqueur jeudi de sa troisième étape depuis le départ, est l'occasion pour la nouvelle équipe suisse IAM Cycling de faire ses grands débuts.

A l'heure où le cyclisme est une nouvelle fois meurtri par la résurgence d'affaires de dopage incarnées par Lance Armstrong et Eufemiano Fuentes, l'arrivée d'un nouveau sponsor dans le peloton fait souffler un vent nouveau.

"C'est une aventure intéressante", explique le coureur breton Sébastien Hinault, ravi de retrouver une partie du personnel qu'il a connu au Crédit Agricole.

Il se flatte de vivre le début de cette histoire, d'être, à bientôt 39 ans - il les fêtera le 11 février - une sorte de guide d'une équipe qu'il juge déjà compétitive.

Heinrich Haussler, Thomas Löfkvist ou Gustav Larsson sont les têtes d'affiche d'un groupe répertorié en Continental Pro, l'équivalent de la deuxième division, et soumis pour son programme aux invitations des organisateurs.

"On ne fera pas le Giro", dit Sébastien Hinault. "Mais on est sûr de disputer Paris-Nice, les classiques flandriennes, le Tour de Romandie, le Critérium du Dauphiné et le Tour de Suisse. On rêve de disputer le Tour de France !"

COURSES VOLÉES

Professionnel depuis 1996, il peut être fier de sa carrière, d'une victoire d'étape dans le Tour d'Espagne en 2008, du contre-la-montre par équipes du Tour de France en 2001 et, surtout, de son abnégation absolue pour les leaders qu'il a soutenus.

Il a également traversé avec le sourire les années 2000, la période Armstrong et ses conséquences.

"Qui a été surpris des aveux de l'Américain ?", demande-t-il en regrettant que cette affaire sème de nouveau le trouble sur son sport.

"Je sais ce qu'a été le cyclisme de ces années-là, je n'oublie pas qu'on m'a sans doute volé des courses mais je vois surtout combien ce sport a changé ces dernières années. On ne voit plus une équipe dominer une classique."

Sébastien Hinault, gentiment surnommé dans le peloton "petit blaireau" en référence à son illustre homonyme Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France, est optimiste. Il voit l'émergence de jeunes talents qui ont sans doute la chance d'envisager le cyclisme sans arrière-pensées.

Il regrette sans doute de ne pas faire partie de cette génération mais sait que le cyclisme ne s'arrêtera pas pour lui le jour où il raccrochera son vélo.

"A 39 ans, je ne sais pas s'il s'agit de ma dernière saison, j'aime encore aller m'entraîner, j'aime courir. Mais un jour ça s'arrêtera."

Il se pourrait qu'il se reconvertisse très vite pour s'asseoir au volant d'une voiture de directeur sportif. Pourquoi pas au sein de la formation IAM Cycling, comme certains le murmurent.

Edité par Simon Carraud

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