Cyclisme: l'année 2012 dans l'ombre de l'affaire Armstrong

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L?OMBRE DE L?AFFAIRE ARMSTRONG A PLANÉ SUR L?ANNÉE CYCLISTE
L?OMBRE DE L?AFFAIRE ARMSTRONG A PLANÉ SUR L?ANNÉE CYCLISTE

par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - L'ombre de Lance Armstrong et la crainte des révélations que devait faire l'Agence américaine antidopage (Usada) ont plané sur une saison de cyclisme qui s'est achevée dans le vacarme d'une chute sans précédent.

L'affaire Armstrong a constitué le fil rouge de l'année. La mise au jour du plus grand mensonge de l'histoire du vélo, rendue possible en grande partie par les témoignages de coureurs repentis, a éclipsé le reste, tout le reste, dont l'avènement de Bradley Wiggins sur le Tour de France.

Même accablé par les soupçons, Lance Armstrong se croyait hors d'atteinte et toisait ses interlocuteurs en ne cessant, d'affirmer qu'il était propre. Mais il a renoncé lui-même à contester les accusations et ouvert la voie à sa déchéance.

Pendant toutes les années 2000, ce survivant du cancer s'est joué de la compassion de toute la planète, de l'admiration que son combat a suscitée et de l'espoir donné à des millions de malades. Il garde encore des soutiens.

Il a triché, a volé ses victoires -dont sept Tours de France, de 1999 à 2005-, que l'Union cycliste internationale (UCI), à la lumière du rapport de l'Usada, a fini par lui retirer.

Il a creusé un gouffre dans le palmarès du Tour, que l'UCI et les organisateurs de la Grande Boucle ont renoncé à compléter parce que des cyclistes ont été attrapés par wagons entiers lors des dix dernières années.

Le vide est en revanche terrible pour ceux qui n'auront jamais pu se battre à armes égales. Comme il l'est pour le public: avec l'arrivée de l'automne et sa suspension à vie, le cyclisme a été, encore une fois, recouvert d'un voile sombre.

L'UCI, visée par des accusations de passivité face à Armstrong, a promis de faire son autocritique, confiant une enquête à une commission indépendante.

Le scepticisme, le doute sont de retour, quand bien même ce sport a entrepris une démarche d'assainissement -plusieurs équipes se sont séparées d'anciens dopés, le Mouvement pour un cyclisme crédible voit ses rangs grossir.

Mais tel était déjà le propos tenu lors du Tour de France 1999, le premier gagné par Armstrong, après l'affaire Festina.

WIGGINS ET BOONEN AU SOMMET

L'année avait commencé par la suspension d'une autre icône, Alberto Contador, contrôlé positif au clenbutérol pendant le Tour de France 2010, suspendu rétroactivement pour deux ans et déchu, entre autres, d'un Tour d'Italie et d'un Tour de France.

Du fauteuil où il était contraint de rester, Contador a vu Bradley Wiggins devenir le premier Britannique à s'imposer à Paris en juillet, après deux semaines en jaune et porté par la puissance de son Team Sky, où son équipier Chris Froome fut son plus coriace adversaire.

Avant le Tour, Wiggins avait conquis Paris-Nice, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné. Il a connu une apothéose londonienne, dans le contre-la-montre olympique gagné devant des millions de ses compatriotes.

Le Britannique n'a pas été le seul héros de la saison.

Le Belge Tom Boonen a connu un retour en grâce exceptionnel dans une symphonie du printemps qui l'a vu accrocher toutes les grandes classiques pavées du World Tour -le Grand Prix E3, Gand-Wevelgem, le Tour des Flandres et pour finir son quatrième Paris-Roubaix, comme son aîné Roger De Vlaeminck.

De cette saison ont émergé le Slovaque Peter Sagan, trois étapes et le maillot vert du Tour de France, l'Allemand John Degenkolb, cinq victoires d'étapes dans la Vuelta, ainsi que l'Espagnol Joaquim Rodriguez, vainqueur d'un diluvien Tour de Lombardie.

Quelques semaines plus tôt, il avait été terrassé en fin de Vuelta par Contador, revenu victorieusement à la compétition, de la même manière qu'il avait été cruellement battu au dernier jour du Giro par le Canadien Ryder Hesjedal, révélation 2012.

Le champion du monde Mark Cavendish a été assez fringant pour gagner à 15 reprises dont trois nouvelles étapes du Tour de France malgré son isolement au sein du Team Sky.

Mais il a cédé son maillot arc-en-ciel fin septembre à Philippe Gilbert. Le Wallon, méconnaissable toute la saison, bien loin de son niveau de 2011, rappelait ainsi qu'un champion ne meurt jamais.

Il y eut aussi les couacs de la formation RadioShack-Nissan, bâtie aux forceps par Johan Bruyneel, l'ancien complice d'Armstrong, de la fusion de RadioShack et Leopard-Trek, dont l'effectif lui promettait une razzia.

La razzia a finalement rimé avec bérézina et l'embellie de Fabian Cancellara, en jaune durant la première semaine du Tour de France, n'a pas effacé le naufrage des frères Schleck, avec le contrôle positif de Fränk en juillet et la fracture du bassin d'Andy en juin.

Avec tout ça, la très médiocre saison de Cadel Evans, vainqueur du Tour 2011 qui n'a jamais été au niveau cet été, est passée inaperçue.

Edité par Gregory Blachier

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