Cyclisme: Evans et Fédrigo retrouvent le sourire au Critérium

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par Gilles Le Roc'h

COL DE L'OSPEDALE, Corse-du-Sud (Reuters) - Le vainqueur du Tour de France 2011, Cadel Evans, a tenu parole puisqu'il s'est imposé dimanche dans le Critérium international pour la première fois de sa carrière, au terme d'une troisième et dernière étape remportée par Pierrick Fédrigo.

Le coureur de la FDJ-BigMat, qui s'était déjà distingué dans cette épreuve avec notamment une victoire en 2010, a franchi la ligne le premier à l'issue d'un sprint, devant l'Italien Rinaldo Nocentini et le Norvégien Lars-Petter Nordhaug.

Cadel Evans, le muscle encore enrobé et l'oeil distrait, signes qu'il n'est pas encore entré dans sa "configuration Tour de France", a profité du soutien extraordinaire de son équipier français Amaël Moinard pour s'adjuger la quatrième place et remporter le classement général.

Amaël Moinard et Cadel Evans sont notamment parvenus à contrer dans l'ascension du col de l'Ospedale, longue de 17 kilomètres, toutes les accélérations portées par leurs rivaux, dont Alexandre Geniez et les Basques d'Euskaltel, qui n'ont pas réussi à trouver l'ouverture en dépit de leurs multiples tentatives.

Ce col de Corse-du-Sud, aux pentes rudes pour finir, a rappelé la capacité de Cadel Evans à gérer la souffrance et son aptitude à vraiment gagner des courses, née en 2009, lors de la conquête du titre mondial.

L'Australien est un champion qui assume son rang et laisse peu souvent l'occasion, désormais, aux autres de lever les bras. A 35 ans, le leader de BMC n'est pas rassasié.

"Je vais quand même faire le domestique pour Philippe Gilbert dans les Ardennes. Je suis content de gagner ici mais je ne suis pas au top. C'est peut-être un message à mes adversaires mais, c'est certain, je pense au Tour tous les jours", a déclaré Cadel Evans à l'issue de la course.

"J'AI GAMBERGÉ PENDANT UN AN"

Cette troisième étape, animée par l'ancien champion de France Nicolas Vogondy et l'Italien Matteo Montaguti, qui ont rendu les armes à une dizaine de kilomètres de l'arrivée, a été la confirmation des tendances d'un début de saison montrant des coureurs français décomplexés et des leaders d'équipes en difficulté, à l'image de Fränk Schleck, le vainqueur 2011, très rapidement distancé.

Côté français, Alexandre Geniez et Christophe Le Mével ont attaqué quand la formation Ag2R-La Mondiale comptait cinq des siens dans le groupe final de 15 coureurs, sans parvenir à l'emporter toutefois.

Pierrick Fédrigo a eu pour sa part le mérite de se faire oublier puis de surgir dans les trois derniers kilomètres pour reprendre Evans et Nocentini, passés à l'attaque, et de les dominer au sprint.

Cette victoire met fin, pour le Marmandais, à une longue période de disette imposée en 2011 par un affaiblissement provoqué par la maladie de Lyme.

Il n'avait plus gagné depuis une étape du Tour de France 2010 à Pau et le soulagement l'emportait presque sur l'émotion avant de monter sur le podium protocolaire.

"J'ai gambergé pendant un an mais j'ai retrouvé le plaisir depuis cet hiver. Je savais que j'étais bien, il me fallait attendre", a déclaré le coureur âgé de 33 ans.

"J'ai beaucoup attendu cette victoire, je suis très heureux de gagner enfin sous ce maillot et pour cette équipe qui a un super état d'esprit!", a-t-il ajouté.

Edité par Olivier Guillemain

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