Cyclisme: enfin la consécration pour Damien Gaudin au Paris-Nice

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par Gilles Le Roc'h

HOUILLES, Yvelines (Reuters) - Le Français Damien Gaudin (Europcar) a fait sensation dimanche en s'imposant dans le prologue de Paris-Nice disputé sur un circuit acrobatique de 2,9 km à Houilles, dans les Yvelines.

Ce coureur originaire du Maine-et-Loire a devancé d'une seconde Sylvain Chavanel (Omega Pharma-Quick Step), champion de France de la spécialité, et Lieuwe Westra (Vacansoleil), champion des Pays-Bas, chronométrés dans le même temps.

Le circuit piégeux et la courte distance du parcours nécessitaient une reconnaissance très précise et une prise de risques importante pour dompter les 12 virages précédant la dernière ligne droite longue de 500 mètres seulement.

La société organisatrice de l'épreuve, ASO, avait opté pour un tel exercice afin de ménager le suspense et limiter les écarts.

Il est un fait que ce prologue convenait surtout aux rouleurs-puncheurs et que les favoris du classement général n'ont pris aucun risque, hormis peut-être Sylvain Chavanel.

"Il ne fallait pas se déconcentrer, il y avait beaucoup de virages", dit le Français. "Ça s'est joué sur les trajectoires et les choix de braquets. Je suis à une seconde de la victoire, je suis dans le coup mais je me suis fait une frayeur quand mes deux roues ont chassé dans un virage."

"UN EXERCICE FAIT POUR MOI"

Chavanel a donc perdu ce prologue pour une seconde mais a parfaitement lancé sa semaine. Au contraire de l'un de ses rivaux, Maxime Monfort (RadioShack-Leopard), parti à la faute dans un virage et qui ne put éviter la chute.

Il a franchi la ligne d'arrivée avec 42 secondes de retard sur le vainqueur, un écart déjà presque rédhibitoire.

Le meilleur temps a longtemps été tenu par un autre Français, le jeune Geoffrey Soupe (FDJ), qui a été ensuite devancé de six centièmes de seconde par le Néerlandais Wilco Kelderman (Blanco) puis par Chavanel, Gaudin et Westra partis dans cet ordre en toute fin de course.

Chavanel n'a d'ailleurs pas eu le temps de croire en sa victoire, Gaudin franchissant la ligne d'arrivée dans son sillage.

C'est bien une sensation que ce dernier a offert en ouverture de la Course au Soleil.

Professionnel depuis 2008, il n'avait aucune victoire sur route à son palmarès et tardait à confirmer le talent qui lui était prêté depuis plusieurs années, depuis ses excellents résultats en poursuite individuelle sur piste ou encore sa victoire dans Paris-Roubaix espoirs en 2007.

"Depuis ma deuxième place dans le prologue du Tour du Luxembourg en 2011, je me disais que cet exercice était fait pour moi mais je n'arrivais pas à signer une performance majeure", a dit cet athlétique cycliste (1,90 m pour 80 kg).

"Mon modèle est Fabian Cancellara et je me suis dit ce matin (dimanche) que son absence était une chance que je devais saisir."

PARIS-ROUBAIX EN LIGNE DE MIRE

Le plus dur pour Gaudin, qui, tout de jaune vêtu, vivra une journée de rêve lundi dans la première étape entre Saint-Germain-en-Laye et Nemours (195 km), fut sans doute de mériter sa place dans ce Paris-Nice au sein d'une équipe Europcar qui totalise déjà huit victoires depuis le début de saison.

"Nous étions 12 coureurs du team à pouvoir être au départ aujourd'hui et quand le manager Jean-René Bernaudeau m'a annoncé ma sélection il y a deux semaines, j'ai immédiatement focalisé sur ce prologue. J'ai travaillé spécifiquement, en dépassant le seuil de la douleur sur des efforts courts. Un prologue aussi court représente le même temps qu'une poursuite individuelle", a-t-il expliqué.

"J'avais mes repères, notamment dans ma préparation. Après, il fallait tout réunir et notamment la chance d'être au top. Je n'ai jamais pris autant de risques sur mon vélo et je ne gagne qu'avec une seconde d'avance sur Sylvain Chavanel et Westra. Un coup de freins de plus et j'aurais perdu."

A 26 ans, Gaudin veut croire en un déclic et puisqu'il n'a aucune chance de gagner Paris-Nice, il envisage déjà les classiques flandriennes et, surtout, Paris-Roubaix.

"C'est une course où je pense pouvoir faire quelque chose de grand. En 2012, mon meilleur ami Sébastien Turgot avait fini deuxième sur le vélodrome roubaisien. Je veux faire au moins aussi bien que lui", a-t-il prévenu.

Gilles Le Roc'h, édité par Chrystel Boulet-Euchin et Bertrand Boucey

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