Cyclisme: Contador est un tricheur, dit le président de l'AMA

le
0
ALBERTO CONTADOR EST UN TRICHEUR, SELON LE PATRON DE L'AGENCE MONDIAL ANTIDOPAGE
ALBERTO CONTADOR EST UN TRICHEUR, SELON LE PATRON DE L'AGENCE MONDIAL ANTIDOPAGE

par Brian Homewood

LAUSANNE (Reuters) - Alberto Contador est un "tricheur" mais aurait pu s'en sortir avec une suspension deux fois moins longue si le chef du gouvernement espagnol ne s'était pas invité dans l'affaire, a estimé mardi le patron de l'Agence mondial antidopage (AMA), John Fahey.

Le coureur espagnol a été condamné lundi à deux ans de suspension par le Tribunal arbitral du sport (Tas) après avoir été contrôlé positif au clenbutérol, un agent anabolisant, lors du Tour de France 2010 qu'il avait remporté.

En janvier 2011, la Fédération cycliste espagnole (RFEC) avait proposé une suspension d'un an et sanctionné le coureur de 29 ans à titre conservatoire.

Mais le président du gouvernement espagnol d'alors, José Luis Zapatero, avait estimé qu'il n'y avait aucune raison légale de le condamner et la REFC avait fait machine arrière, pour blanchir le triple vainqueur de la Grande Boucle.

L'Union cycliste internationale et l'AMA avaient alors fait appel de la décision devant le Tribunal arbitral du sport (Tas) qui a prononcé lundi une suspension de deux ans.

"Concernant la décision sur Contador, il juge regrettable que, lorsque la fédération espagnole a proposé une suspension de 12 mois, un haut responsable politique ait fait un communiqué pour dire que Contador était innocent", a déclaré mardi John Fahey, sans citer nommément Zapatero.

"Je pense que les gouvernements et les hommes politiques devraient se tenir en retrait (...) lorsqu'on parle de dopage", a-t-il ajouté dans un entretien à Reuters.

"Contador est un tricheur, point final."

"PAS D'ALTERNATIVE"

Pour John Fahey, l'ingérence politique dans l'affaire Contador a contraint l'AMA à faire appel de la décision de la Fédération espagnole et entraîné, indirectement, une suspension plus lourde pour Contador.

"Ils ont retiré leur proposition de suspension de 12 mois et l'ont blanchi, ce qui signifiait que l'AMA n'avait d'autre choix que de faire appel", a-t-il dit.

"Je ne peux pas vous dire ce que nous aurions fait si la sanction de 12 mois avait été maintenue", a-t-il expliqué.

"Mais dans de telles circonstances, qui laissaient à penser qu'une influence extérieure avait compté, sans doute celle de l'homme politique qui s'est prononcé publiquement, nous devions faire appel."

Malgré les imbroglios de l'affaire Contador, Fahey n'imagine pas d'autre système que l'actuel, selon lequel les sanctions pour dopage sont prononcées en premier lieu par les fédérations nationales des sports concernés.

"Je m'inquiète des décisions des fédérations nationales lorsqu'il leur faut traiter des cas positifs de leurs propres sportifs, parce qu'elles peuvent clairement être tentées de protéger un des leurs", a-t-il dit.

Mais, a-t-il ajouté, "Je ne connais pas d'alternative. Je n'imagine pas l'Espagne dire à l'Italie, 'vous traitez des cas de dopage espagnols et nous traiterons des Italiens'."

"On peut seulement espérer que les organes ayant à gérer cela, à quelque niveau que ce soit, le fasse avec intégrité. Le point positif du code (anti-dopage) est qu'il permet à l'AMA d'étudier toutes les décisions et de faire appel si elles ne sont pas prises pour de bonnes raisons."

Gregory Blachier pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant