Cyclisme: Ciolek remporte un drôle de Milan-San Remo

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par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - L'édition 2013 de Milan-San Remo restera dans les annales à plus d'un titre tant elle fut riche en rebondissements avant que l'Allemand Gerald Ciolek, représentant d'une équipe sud-africaine, s'impose au sprint devant les deux très grands favoris, le Slovaque Peter Sagan et le Suisse Fabian Cancellara.

Avant que le sprinteur allemand ne crée une sensation énorme sur la ligne d'arrivée détrempée de la classique italienne, la course avait été marquée par une longue interruption, les organisateurs décidant de faire mettre pied à terre aux coureurs avant d'entamer les pentes du Passo del Turchino, noyées dans la neige.

Le peloton était alors aux trousses de six échappés matinaux, les Italiens Diego Rosa, Matteo Montaguti et Filippo Fortin, le Danois Lars Bak, le Russe Maxim Belkov et l'Espagnol Pablo Lastras.

Au km 117, à Ovada, quand tous ont quitté leur vélo pour s'engouffrer dans les véhicules de leurs équipes, les visages ne trompaient pas sur la souffrance endurée sous la pluie depuis Milan et dans une température glaciale, avant que la neige ne contraigne la course à s'arrêter provisoirement.

Des coureurs pleuraient tant ils avaient mal et l'heure nécessaire pour rejoindre la localité d'Arenzano où allait être donné un nouveau départ, n'était pas en trop pour panser les âmes et les épidermes.

"Je ne repars pas", a alors décidé le Belge Tom Boonen.

"Et ma décision en dit assez ! C'est simplement une précaution après analyse de la situation. Les organisateurs savaient qu'il y aurait de la neige depuis plusieurs jours et ce qui arrive est de leur faute. Vouliez-vous voir une course cycliste sur la neige ? Il y a des choses plus agréables à faire. Je suis complètement gelé !", a-t-il ajouté.

SAGAN EN A TROP FAIT

La course a repris à 15h00, les six échappés du matin ouvrant la route avec sept minutes d'avance que le peloton allait progressivement grignoter. Et dans le même temps, celui-ci n'a cessé de s'amoindrir, de nombreux coureurs, transis, jetant l'éponge.

A la première difficulté du bord de mer, le Capo Mele, l'écart était encore de trois minutes. Il n'était plus rien dans la Cipressa, fatale notamment à Edvald Boasson Hagen, Mark Cavendish et Thor Hushovd.

Dans la descente, Philippe Gilbert a pris les devants mais en étant rejoint sur la portion plane menant au Poggio, le champion du monde a fait le deuil de ses ambitions.

Le Français Sylvain Chavanel, le Britannique Ian Stannard et le Russe Eduard Vorganov ont poursuivi le mouvement et ont rendu les armes dans le Poggio.

La bataille intense a alors commencé, marquée par un duel sans concession livré par Cancellara contre Sagan, un coureur qu'il n'apprécie pas. Le Suisse avait juré de ne pas relayer le Slovaque et il a tenu parole. Il l'a même fait déjouer complètement.

Sagan a eu toutefois le tort de trop en faire, en attaquant à trois kilomètres du but puis en faisant l'effort derrière Stannard sorti en contre dans les rues de San Remo. Le tout, sans se soucier de la position de Ciolek, calé dans son sillage et déjà totalement concentré sur le sprint de sa vie.

Chavanel a lancé les hostilités à 250 mètres de la ligne et Sagan a cru bon de produire son effort, trop tôt. Ciolek, en aspiration, n'avait plus qu'à le passer et à l'emporter.

A 26 ans, c'est pour le coureur de Cologne la plus belle de ses 26 victoires, même s'il fut champion du monde espoirs en 2006 à Salzbourg. Il pouvait exulter, énumérer toute la somme d'événements ayant nourri cette drôle de course.

Il restera, à jamais, comme le coureur de la première équipe africaine victorieuse d'un monument, de l'une des cinq plus grandes classiques du monde.

Edité par Olivier Guillemain

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