Cyclisme: Bradley Wiggins, tout changer pour encore gagner

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BRADLEY WIGGINS BOULEVERSE SON PROGRAMME POUR VISER DE NOUVELLES VICTOIRES
BRADLEY WIGGINS BOULEVERSE SON PROGRAMME POUR VISER DE NOUVELLES VICTOIRES

par Gilles Le Roc'h

MASCATE (Reuters) - Faire du Tour de France 2013 une priorité était certainement le meilleur moyen de vivre une année compliquée. Alors, Bradley Wiggins a tout changé.

Le coureur du Team Sky est devenu l'année dernière le premier Britannique à remporter le Tour après s'être également imposé sur Paris-Nice, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné.

Il avait, après son sacre sur les Champs-Elysées, triomphé dans le contre-la-montre des Jeux olympiques chez lui, à Londres.

"Je voulais de nouveaux défis. Il a fallu du temps pour que la motivation revienne après les Jeux et pendant un moment je me suis demandé ce que j'allais faire cette année, après avoir tout misé sur le Tour pendant un an et demi", explique Wiggins en marge du Tour d'Oman, sa première course de la saison.

"Il fallait que je trouve quelque chose qui m'inspire et le Giro est une course que j'aimerais bien essayer de gagner".

Le Giro, qui débute le 4 mai à Naples, chamboule de facto le programme de Wiggins qui avait axé l'intégralité de sa saison sur le Tour en 2012.

Cette année, Wiggins participera au Tour de Catalogne, au Tour du Trentin et à Liège-Bastogne-Liège -autant de courses qu'il n'avait pas courues l'an dernier.

Wiggins sera au départ du Tour, évidemment, après une longue période de repos à la suite du Giro et le Team Sky n'a pas encore vraiment décidé qui du champion en titre ou de Chris Froome serait le leader au départ de Porto Vecchio le 29 juin.

"Si j'avais dû faire Paris-Nice dans deux semaines (3-10 mars) et y défendre mon titre, subir la comparaison, cela n'aurait pas aidé", dit le coureur de 32 ans.

En 2012, Cadel Evans avait suivi un programme similaire à celui de la saison précédente, celle qui l'avait vu gagner le Tour.

"JE FAIS SEMBLANT D'ÊTRE FRANÇAIS"

Dès Tirreno-Adriatico, le coureur de BMC avait pris un coup derrière la tête: 32e au général, loin de ses repères de 2011, quand il s'était imposé sur les routes italiennes.

Idem sur le Tour de Romandie, où il n'avait jamais semblé en mesure de défendre son titre pour finir 29e.

"Je ne voulais pas avoir à subir cette comparaison directe. C'est l'échec assuré et je voulais éviter ça. Le seul meilleur moyen de s'en sortir aurait été de tout gagner encore et je ne voulais pas me mettre cette pression", poursuit Wiggins.

Le Giro n'est toutefois pas un pis-aller.

"Le Giro, cela remonte à mon enfance, c'est gravé dans ma mémoire, probablement pas seulement à cause du maillot rose. Je me rappelle notamment (Andrew) Hampsten (vainqueur en 1988) grimper dans la neige", raconte Wiggins.

"C'est la seule course où ça ne parle pas trop de dopage. C'est rafraîchissant d'être là, pour la course. Les gens viennent regarder la course et idolâtrent les coureurs. C'est un peu n'importe quoi, parfois.

"J'ai toujours eu une relation d'amour-haine avec le Giro. Il y a quelques années j'avais dit que je n'y reviendrais jamais. En 2010, c'était tellement dur... Mais j'ai toujours eu de la tendresse pour cette course".

Depuis son exceptionnelle année 2012, Wiggins est devenu une célébrité en Grande-Bretagne, ce qui lui vaut notamment d'être interpellé lors de ses sorties d'entraînement.

"Ouais, les gens veulent être pris en photo avec moi mais je leur dis: 'Je suis au boulot. Où bossez-vous, que je vienne à votre bureau, que j'arrête votre machine pendant cinq minutes pour prendre une photo", dit-il.

"En fait je les ignore. Je fais semblant d'être Français".

Edité par Julien Prétot

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