Cyclisme: Bradley Wiggins plus favori du Tour que jamais

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Cyclisme: Bradley Wiggins plus favori du Tour que jamais
Cyclisme: Bradley Wiggins plus favori du Tour que jamais

par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - Au lendemain de sa deuxième victoire consécutive dans le Critérium du Dauphiné, la conviction de Bradley Wiggins de pouvoir un jour gagner le Tour de France prend encore du poids.

"La question n'est pas de savoir si je vais gagner le Tour, mais quand", déclarait le Britannique il y a neuf mois, pendant la Vuelta, alors qu'il portait encore le maillot de leader.

A trois semaines du départ à Liège, l'ancien pistard, devenu un des quatre ou cinq meilleurs coureurs au monde, peut compter sur une équipe assez forte pour verrouiller la course, comme elle l'a fait dans le Dauphiné.

Il confirme à 32 ans son exceptionnelle reconversion après avoir régné sur les vélodromes de 2004 à 2008 et semble suivre une route idéale vers un succès dans la Grande Boucle, qu'aucun Britannique n'a jamais gagnée.

L'unique grimpeur du peloton qui semblait en mesure de le contrarier, l'Espagnol Alberto Contador, est suspendu jusqu'au 5 août. Wiggins a donc le champ libre.

Dans la quête du maillot jaune auquel il croit depuis sa quatrième place en 2009, Wiggins et ses techniciens du Team Sky ont rompu avec les traditions de la préparation.

La règle tacite dit qu'il ne faut pas être au top dans le Dauphiné ou dans le Tour de Suisse, deux épreuves ayant perdu de leur lustre puisqu'elles sont devenues des étapes dans une préparation pour la Grande Boucle.

Lui a gagné, et avec la manière.

UN TOUR TAILLÉ POUR LUI

Ce Britannique né en Belgique, fils d'un ancien pistard et qui connaît sur le bout des doigts l'histoire de son sport, emprunte de nouvelles voies qui évoquent les années 1970 et 1980, quand chaque course était une occasion de remplir son palmarès.

Certes, Bradley Wiggins n'a pas disputé cette année les classiques du printemps mais il a gagné dans chaque course par étapes où il est apparu : le contre-la-montre du Tour d'Algarve, celui du Col d'Eze dans Paris-Nice, le classement final en prime.

Il a aussi dominé le contre-la-montre du Tour de Romandie, une étape en ligne et le classement final. Puis le très long chrono du Dauphiné, qui lui a permis d'asseoir sa domination.

"Pour moi, disait Wiggins cette semaine, le travail préparatoire au Tour était fait avant le départ de Grenoble. Maintenant, et avant le Tour, il va falloir rester frais, travailler sur le matériel."

"Après le championnat du monde 2011 à Copenhague, un entraîneur du Team (...) a produit un entraînement proche de ce qui se fait en natation. L'objectif était d'être en forme 95% de l'année. C'est mentalement difficile, il a fallu suivre de longues périodes d'entraînement et disputer quatre courses par étapes."

Une absolue réussite a couronné ce programme.

Si le Britannique est habité d'une grande confiance en lui, il sait à la fois que rien n'est acquis et connaît l'enjeu d'une victoire dans cette épreuve gagnée par les plus grands, de Jacques Anquetil à Lance Armstrong.

La pression sera d'autant plus forte sur ses épaules qu'il se lancera dans trois semaines dans un Tour taillé pour lui.

Le parcours lui convient mieux que jamais avec ses 105 km cumulés de contre-la-montre, et la concurrence est affaiblie par l'absence des rares vrais grimpeurs actuels, les Espagnols Alberto Contador et Joaquim Rodriguez, ou les difficultés d'Andy Schleck à préparer convenablement l'échéance.

Il a aussi le soutien indéfectible de ses équipiers qui forment le bloc le plus impressionnant du peloton.

Bradley Wiggins, parti reconnaître lundi et mardi quelques arrivées d'étape, doit rester prudent avant une épreuve qui peut réserver des surprises. Mais personne, à ce jour, n'a autant d'atouts en main que lui.

Edité par Gregory Blachier

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