Cyclisme: Bernaudeau conteste le contrôle de Rolland

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JEAN-RENÉ BERNAUDEAU CONTESTE LE CONTRÔLE DE PIERRE ROLLAND
JEAN-RENÉ BERNAUDEAU CONTESTE LE CONTRÔLE DE PIERRE ROLLAND

par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - Le manager de l'équipe Europcar, Jean-René Bernaudeau, a contesté lundi la validité du contrôle dont son coureur Pierre Rolland a fait l'objet durant le Critérium du Dauphiné, ayant mis en évidence un taux de cortisolémie anormal.

Le médecin de la Fédération française de cyclisme Armand Mégret avait confirmé dans l'après-midi à Reuters que Pierre Rolland, contrôlé samedi, n'aurait pas dû prendre le départ de la dernière étape de la course, le lendemain, pour préserver sa santé.

Le résultat pose aussi question puisqu'il témoigne d'une prise illicite de corticoïdes, Pierre Rolland ne bénéficiant pas d'une autorisation à usage thérapeutique.

Selon des sources proches du dossier, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) envisage d'ouvrir une enquête.

Le patron de l'équipe Europcar, Jean-René Bernaudeau, remettait pour sa part en cause la validité même du contrôle.

"Ce contrôle est intervenu à 6h30 samedi matin, pendant que mes coureurs étaient à table. Je n'étais pas là mais le médecin de l'équipe Hubert Long m'a envoyé un texto pour me prévenir que ce contrôle ne s'effectuait pas dans de bonnes conditions", a-t-il dit par téléphone à Reuters.

"Le soir, le résultat donnait pour Pierre Rolland un résultat de 107 pour une norme de 160. Pour que le taux de cortisolémie soit effondré il aurait fallu que ce soit inférieur à 50", a-t-il ajouté.

"Compte tenu de ce que me dit le médecin de l'équipe, il a été décidé de laisser Pierre Rolland prendre le départ. Ce contrôle n'est pas valable. Là, j'ai fait une erreur, j'aurais dû m'exprimer."

LE PRÉCÉDENT CHARTEAU

De fait, Pierre Rolland a pris le départ de la huitième étape contre l'avis du médecin de la Fédération, pour abandonner vingt kilomètres plus tard.

"Il souffre d'une bursite au tendon d'Achille", a poursuivi Bernaudeau.

"Si ses données de cortisol étaient basses, cela peut venir d'une pathologie. Il va donc passer un nouvel examen mardi matin, nous connaîtrons le résultat dans la soirée."

"J'ai appelé Armand Mégret lundi matin pour comprendre, pour savoir s'il y avait des éléments pouvant entraîner le licenciement de Pierre Rolland (...) Je ne peux pas déjuger Hubert Long qui a pris la décision de le laisser en course en connaissance de cause."

La prise de corticoïdes, origine du résultat du contrôle selon le médecin fédéral, est permise si elle fait l'objet d'une autorisation médicale. Une prise illicite est considérée comme une pratique dopante, les corticoïdes ayant pour effet d'atténuer la douleur et accroître la résistance à l'effort.

Il y a un an, Anthony Charteau, autre membre de l'équipe Europcar et meilleur grimpeur du Tour de France en 2010, n'avait pu prendre le départ d'une étape des Quatre Jours de Dunkerque en raison d'un taux de cortisolémie effondré.

L'équipe Europcar a déjà été visée l'année dernière par une enquête préliminaire sur fond d'accusations de pratiques illicites. Cette procédure a été classée sans suite il y a quelques mois.

Le conseil d'administration du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), auquel appartient Europcar, doit, selon son règlement, se réunir pour décider des suites à donner à cette affaire.

Edité par Gregory Blachier

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