Culture de la survie, survie de la culture

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Au coeur de l'Océan (2015) , réalisé par Ron Howard.
Au coeur de l'Océan (2015) , réalisé par Ron Howard.

Nous vivons aujourd’hui dans une ambiance de catastrophe. Le phénomène a été capté par l’industrie des loisirs dans les années 1970, décennie déchaînée et angoissante.

Les attentats du 13 novembre 2015 ont cristallisé, de manière tragique, un air du temps. Celui du sentiment retrouvé de notre finitude, de la conscience de notre précarité, individuelle mais aussi collective. Longtemps escamoté, le spectre de la mort resurgit en Occident, et ne se réduit pas aux oripeaux de jeunes nihilistes se faisant exploser parmi des foules pacifiques. L’impression est que nous sommes passés, pour parler comme dans les films d’action, en « mode survie », sinon concrètement du moins mentalement. La culture populaire, point d’observation idéal pour mesurer l’état des mentalités, en témoigne. Nous vivons aujourd’hui dans une ambiance de catastrophe. Le phénomène a été capté par l’industrie des loisirs dans les années 1970, décennie déchaînée et angoissante : fin des « trente glorieuses », retombée des utopies, radicalisation des luttes, apparition du terrorisme.

On assiste à la naissance concomitante, du côté de ce grand incubateur de mythes contemporains qu’est Hollywood, de deux genres ayant pour trait commun la survie de leurs personnages. Le film catastrophe (La Tour infernale, de John Guillermin, 1974, inspiré par la construction du World Trade Center…) et le « survival », sous-genre réaliste du film d’horreur (Délivrance, de John Boorman, 1972). Le film postapocalyptique, qui existait quant à lui dès les années 1950, explosera dans les années 2000. Cette spécialité, sortie du rayon hollywoodien « faisons-nous peur », s’est, en attendant, diffusée da...

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