Cuba: Les groupes hôteliers US dans les starting-blocks

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* La normalisation en cours entre Washington et La Havane attise les intérêts des chaînes hôtelières * Le tourisme US à Cuba reste fortement encadré * Mais une levée des restrictions pourrait multiplier par quinze le nombre de visiteurs US dans l'île * Les groupes US ont des années de retard sur leurs concurrents canadiens et européens par Mike Stone NEW YORK, 30 septembre (Reuters) - L'amorce de normalisation des relations entre Washington et La Havane après un demi-siècle de guerre froide aiguise les appétits des groupes hôteliers aux Etats-Unis, impatients de remettre le pied à Cuba, destination prisée avant la révolution castriste de 1959. A mesure que Washington assouplit les restrictions encadrant les relations commerciales avec l'île, les grands noms du secteur, comme Marriott International MAR.O , Hilton Worldwide HLT.N et Carlson Hospitality Group, qui dirige la chaîne des hôtels Radisson, multiplient les contacts avec des responsables du régime cubain. "Nous sommes tous très intéressés", confirme Ted Middleton, vice-président de Hilton chargé du développement en Amérique latine. "Lorsque l'autorisation légale surviendra, nous voulons tous être prêts sur la ligne de départ", ajoute-t-il. Washington et La Havane ont rétabli cet été leurs relations diplomatiques, et l'administration Obama a poursuivi dans la mesure de ses possibilités l'assouplissement du blocus décrété en 1962, la levée complète de l'embargo dépendant cependant du Congrès, à majorité républicaine. Le président cubain Raul Castro, qui rencontrait son homologue américain Barack Obama mardi au siège des Nations unies à New York, a insisté pour que Washington lève l'embargo. De son côté, Obama a souligné que la poursuite des réformes à Cuba ne pouvait qu'influer sur les décisions de Washington. (voir ID:nL5N11Z3PP ) Dans l'attente, les entreprises opérant dans certains secteurs d'activités sont déjà autorisées à implanter des filiales ou créer des co-entreprises avec des partenaires cubains. CUBA, DEUXIÈME DESTINATION RÉGIONALE Au département d'Etat, un responsable indiquait la semaine dernière que les Etats-Unis veulent à présent conclure aussi vite que possible un accord autorisant les compagnies à programmer des vols à destination de Cuba. Ce pourrait être chose faite dès cette année, avançait mardi un responsable de l'administration Obama à La Havane, où s'est tenue en début de semaine une réunion bilatérale entre représentants de six agences fédérales US concernées par ce dossier et des délégués du ministère cubain des Affaires étrangères et de l'Institut national de l'aviation civile. En toile de fond, l'interdiction du tourisme qui devrait finir par tomber. Car pour l'heure, les groupes hôteliers des Etats-Unis ne sont pas autorisés à investir à Cuba, et l'île des Caraïbes, longtemps destination prisée de la jet-set et des joueurs de casino, reste interdite aux touristes venus des Etats-Unis à moins qu'ils ne remplissent certains critères (issus de la communauté cubano-américaine ou participants à des circuits touristiques culturels ou éducatifs). Mais la réouverture semble inéluctable. Et les groupes hôtelières envoient des équipes en mission de reconnaissance auprès de responsables cubains et dans différentes villes européennes pour se familiariser avec les règles encadrant le secteur dans l'île. Ted Middleton, de Hilton, de même que des cadres dirigeants de Carlson et du groupe Wyndham Worldwide Corp. WYN.N , qui gère les hôtels Ramada, doivent rencontrer cette semaine le vice-ministre cubain du Tourisme, Luis Miguel Diaz, lors d'un colloque professionnel organisé à Lima, la capitale péruvienne. Signe de la détente amorcée le 17 décembre dernier, lorsque Barack Obama et Raul Castro ont annoncé quasi simultanément l'ouverture d'un processus de normalisation des relations entre leurs deux pays, plus de 106.000 touristes sont venus des Etats-Unis à Cuba depuis le début de l'année, contre 91.254 pour l'ensemble de l'année 2014, d'après les données compilées par l'universitaire José Luis Perelló, spécialiste du tourisme à l'Université de La Havane. Toutes nationalités confondues, après l'année record de 2014, quand trois millions de visiteurs étrangers s'étaient rendus dans l'île, les chiffres sont en hausse de près de 18% cette année, faisant de Cuba la deuxième destination des Caraïbes derrière la République dominicaine. LES AMBITIONS CUBAINES "Si l'interdiction frappant le tourisme est levée, nous estimons qu'il pourrait y avoir sur une base annuelle plus de 1,5 millions de visiteurs en provenance des Etats-Unis", dit Laurent de Kousemaeker, responsable du développement de Marriott dans les Caraïbes et en Amérique latine qui était en juillet à La Havane. Les groupes américains devront aussi faire avec la concurrence des chaînes canadiennes et européennes, qui ont plusieurs années d'avance dans leur entreprise de conquête du tourisme à Cuba. Le groupe espagnol Meliá Hotels International MEL.MC , présent via 27 co-entreprises, peut déjà s'appuyer sur un parc hôtelier de 13.000 chambres dans l'île et veut en ajouter 2.000 d'ici 2018. Le britannique London + Regional Properties, spécialisé dans l'hôtellerie et l'immobilier, a conclu cet été un accord en vue de construire en partenariat avec la firme publique cubaine Palmarès un espace de loisir comprenant un hôtel, des appartements en copropriété et un golf dix-huit trous. Côté cubain, le chemin sera long pour redonner à l'île le cachet des années cinquante, quand ses hôtels, ses casinos et sa frénésie nocturne en faisaient une des destinations préférées des Frank Sinatra, Ava Gardner et autres célébrités et que les vols charter ou les ferries venus de Floride y déversaient des flots de touristes. L'objectif des pouvoirs publics est de créer 4.000 chambres d'hôtel supplémentaires par an sur les quinze prochaines années. Et d'offrir au visiteurs étrangers des sites cinq étoiles, des restaurants haut de gamme et un accès bon marché à internet, services pour l'instant guère disponibles dans l'île. LIEN Pour un graphique, en anglais, sur le tourisme dans les Caraïbes: http://link.reuters.com/xug75w CHRONOLOGIE des relations entre Cuba et les Etats-Unis: ID:nL6N0U14KJ (avec Mitra Taj à Lima et Jaime Hamre à La Havane; Henri-Pierre André pour le service français)


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