Cuba-Le pape appelle les USA et Cuba à donner l'exemple

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* Première visite du pape François à Cuba * Il appelle Cuba et les USA à poursuivre leur rapprochement * Il célèbre ce dimanche une messe au coeur de la Havane * Rencontre prévue avec le président cubain Raul Castro * Il pourrait voir Fidel Castro, le père de la révolution (Actualisé avec opposants empêchés de rencontrer le pape) par Andrew Cawthorne et Philip Pullella LA HAVANE, 20 septembre (Reuters) - Le pape François, arrivé samedi à La Havane, a exhorté Cuba et les Etats-Unis à consolider leur rapprochement et à ainsi montrer l'exemple, tout en s'adressant indirectement à l'opposition cubaine. Le pape, qui est argentin et donc plus sensibilisé aux contexte cubain que ses prédécesseurs, a joué un rôle prépondérant dans le rapprochement, annoncé en décembre dernier, entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide, en facilitant des contacts discrets. Le réchauffement a abouti cet été au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays après plus d'un demi-siècle d'hostilité. Les restrictions concernant le commerce et les voyages ont été assouplies, même si un embargo global reste en place. Seul le Congrès américain peut le lever. Depuis le rapprochement historique, Barack Obama s'est exprimé contre l'embargo. Vendredi, il a pris des mesures pour l'assouplir une deuxième fois, utilisant ses pouvoirs exécutifs pour contourner le Congrès. [ID:nL5N11O3SI "Je demande aux dirigeants politiques de persévérer dans cette voie et d'en développer toutes les potentialités (...) comme un exemple de réconciliation pour le monde entier", a déclaré Jorge Mario Bergoglio de monter dans sa papa mobile et d'aller à la rencontre des Cubains massés le long des artères de la capitale cubaine. Dans la foule présente à la descente de l'avion, plusieurs banderoles ont salué l'arrivée d'un "missionnaire de la miséricorde" et lui ont souhaité la bienvenue dans l'île. Comme lors des précédentes visites papales, les autorités cubaines ont fait arrêter un certain nombre d'opposants pour les empêcher d'assister aux événements liés à la présence du pape. Parmi eux figurent trois opposantes, a déclaré Berta Soler, chef de file du groupe catholique "Femmes en blanc". Au lieu de voir François à la résidence diplomatique du Vatican à La Havane, elle-même, Miriam Leyva et Martha Beatriz Roque sont restées en détention pendant plusieurs heures. "Le Saint-Père ne va rien changer à Cuba", a déclaré Berta Soler. "Nous n'attendons pas grand chose de François parce qu'il vient ici pour discuter de sujets politiques entre Cuba et les Etats-Unis et non pour résoudre quoi que ce soit." Selon Elizardo Sanchez, chef de la Commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale, principale organisation de l'opposition, entre dix et 20 dissidents ont été arrêtés et un nombre similaire ont été menacés ou mis en garde. DERRIÈRE LES BARREAUX Le pape a été accueilli par Raul Castro, qui l'a remercié pour sa contribution à ce processus historique. Comme son frère Fidel, père de la révolution cubaine, Raul Castro a été baptisé et élevé chez les jésuites. Il en a profité pour critiquer l'embargo maintenu par Washington et l'occupation de la base navale de Guantanamo. Cuba, a dit le président cubain, a été exemplaire pour son internationalisme et son humanisme dans les décennies passées. "Nous avons fait cela alors que nous étions victimes d'un blocus, que nous étions insultés, attaqués, avec un coût élevé en victimes humaines et des dégâts économiques majeurs". Dans son discours, François a adressé ses voeux à Fidel Castro, qu'il a prévu de rencontrer. Le chef de l'Eglise catholique a aussi incité les autorités cubaines à laisser de la liberté à l'Eglise. Le pape, dont c'est la première visite dans l'île communiste, doit célébrer dimanche matin une messe sur la place de la Révolution au coeur de La Havane, où un portrait géant du Christ a été suspendu à côté des portraits des héros révolutionnaires Ernesto "Che" Guevara et Camilo Cienfuegos. Dans l'après-midi, il rencontrera Raul Castro. Le Parti communiste cubain verrait d'un bon oeil une critique de l'embargo par le pape, mais il devra sans doute s'attendre à être appelé à une plus grande tolérance politique. "Je voudrais que mes voeux embrassent particulièrement tous ceux que, pour différentes raisons, je ne pourrai rencontrer, et aux Cubains dans le monde entier", a déclaré le pape à son arrivée. Il faisait référence aux exilés cubains. Les plus anticommunistes se sont installée en Floride. Certains estiment que le pape faisait aussi allusion aux opposants au gouvernement cubain qui se trouvent derrière les barreaux. Le pape se rendra lundi à Holguin puis à Santiago, où il célébrera mardi matin une messe, avant de quitter Cuba pour les Etats-Unis où il fera étape à New York et Philadelphie. Il sera de retour à Rome le 28 septembre. (Avec Daniel Trotta Nelson Acosta et AnahiRama à La Havane; Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

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