Crowdfunding: comment prêter son argent aux entreprises?

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Finsquare, Lendopolis, Lendosphere, Unilend… Par l'intermédiaire de ces toutes nouvelles plates-formes de crowdfunding (ou financement participatif), les particuliers peuvent se muer en banquier et prêter leur argent à des PME. À la clé, de 4 % à 10 % de rendement brut par an (sur 3 mois à 4 ans) pour un investissement minimal de 20 euros à 100 euros seulement.

1. Comment fonctionnent ces plates-formes de prêts?

Leur rôle est de mettre en relation prêteurs et entreprises en quête de financement. En un peu plus d'un an d'existence, le pionnier Unilend a ainsi permis à 83 entreprises d'obtenir 7 millions d'euros de crédit auprès de 2950 internautes prêteurs. Les entreprises ainsi financées versent, en moyenne, 9,3 % d'intérêts aux préteurs, davantage que ce qu'aurait pu proposer une banque classique. «Mais ces entreprises obtiennent leur crédit en une à trois semaines, alors qu'elles doivent patienter plusieurs mois pour obtenir une réponse de leur banquier, qui va, en plus, exiger des garanties», justifie Nicolas Lesur, patron d'Unilend.

2. Le prêteur prend-il des risques?

En prêtant son argent, le risque est évidemment de ne pas être intégralement remboursé en cas de faillite de l'entreprise emprunteuse. L'une de celles financées via Unilend a, par exemple, d'ores et déjà été placée en redressement judiciaire et cessé ses remboursements. Même si les plates-formes assurent filtrer les projets (seuls 5 % à 10 % des demandes de financement qui leur parviennent sont retenues), mieux vaut donc répartir son argent entre plusieurs projets et ne pas y investir une part trop importante de son épargne. Attention également à ne pas négliger la fiscalité, identique à celle des livrets bancaires (barème de l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux de 15,50 %). Pour un prêt rapportant 6 % brut par an, le gain net sera compris entre 2,37 % et 5,07 %, selon son taux d'imposition.

Ces plates-formes sont aussi légalement encadrées. Depuis le 1er octobre dernier, elles doivent être enregistrées auprès de l'Orias, le registre des intermédiaires en assurance, banque et finance, et obtenir le statut d'«intermédiaire en financement participatif». Seize plates-formes (toutes celles que nous citons, notamment) se sont d'ores et déjà enregistrées et sont donc autorisées à proposer le financement de projets sous forme de prêts. Elles peuvent aussi être contrôlées à tout moment par l'ACPR, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.

3. Quelles sont les autres formes de financement participatif?

Plutôt que de prêter leur argent, d'autres plates-formes (Anaxago, Sowefund, Wiseed…) proposent aux internautes de devenir actionnaires d'entreprises, un marché jusqu'alors réservé aux fonds d'investissement spécialisés. Il faut alors être prêt à immobiliser son argent plusieurs années, jusqu'à un rachat de ses parts par un autre investisseur ou la vente de la société. Avec le risque de tout perdre si l'entreprise fait faillite. Mais, en contrepartie de cette prise de risque, l'investisseur bénéficie d'un avantage fiscal de taille: soit une réduction d'impôt de solidarité sur la fortune de 50 % des sommes investies, plafonnée à 45.000 euros, soit une réduction d'impôt sur le revenu de 18 % des sommes investies, plafonnée à 9000 euros pour un célibataire et à 18.000 euros pour un couple. Il n'y a, en revanche, aucun avantage financier à retirer des plates-formes de dons comme My Major Company, KissKissBankBank ou Ulule, le soutien financier se faisant en échange de contreparties en nature.  

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