Croissance solide en Europe de l'Est, l'Ukraine ne pèse pas

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SOLIDE CROISSANCE DES ÉCONOMIES D'EUROPE DE L'EST
SOLIDE CROISSANCE DES ÉCONOMIES D'EUROPE DE L'EST

par Krisztina Than

BUDAPEST (Reuters) - La croissance des économies des pays d'Europe de l'Est a été solide au premier trimestre, la Hongrie, la Pologne et la Roumanie faisant mieux qu'attendu, grâce à la progression des exportations vers la zone euro et au redémarrage de la demande intérieure.

Contrairement aux attentes, la région, et notamment la Pologne, ne semble pas avoir souffert de la crise politique en Ukraine, entrée dans sa phase aigüe début mars, et a pleinement bénéficié des solides performances de l'Allemagne, son partenaire commercial clé.

"Les événements en Ukraine n'ont jusqu'à présent pas eu de grosses répercussions sur la performance du commerce extérieur des pays de la région", note David Nemeth, économiste chez K&H Bank. "Il est beaucoup plus important pour la région que la croissance allemande se soit accélérée au premier trimestre."

La bonne performance de l'Allemagne (PIB en hausse de 0,8%), première économie de la région, a permis à la croissance de la zone euro de rester positive au premier trimestre. Mais la croissance a été deux fois plus faible qu'attendu dans cette région, à 0,2% sur janvier mars par rapport au trimestre précédent.

La Pologne, principale économie de la région et la seule à avoir évité la récession lors de la crise mondiale de 2007-2008, a enregistré une croissance annuelle de 3,3% contre 3,1% attendus en moyenne.

Cette performance semble, au moins pour le moment, contredire les prévisions de nombreux économistes pour qui la décision de Varsovie de s'opposer fermement à l'intervention de la Russie chez son voisin ukrainien pèserait sur son économie.

La Russie a suspendu les importations de porcs polonais et a menacé de limiter celles de pommes, évoquant des préoccupations en matière de santé publique. La Pologne ayant été le pays de la région à adopter le discours le plus critique vis-à-vis du Kremlin, les dirigeants polonais y ont vu des mesures de représailles.

"Il est possible que l'impact négatif de la crise ukrainienne (sur la Pologne) ne soit visible qu'au second semestre 2014, ce qui, aujourd'hui, nous incite à la prudence par rapport à de futures révisions à la hausse de la croissance économique", a déclaré Erste Group dans un communiqué.

POLITIQUES MONÉTAIRES ACCOMMODANTES

La Hongrie a quant à elle enregistré son rythme de croissance annuel le plus élevé depuis 2006, de 3,5% et largement au-delà des attentes, grâce à la production industrielle, la construction, ainsi qu'à la hausse des investissements et de la demande intérieure.

Le ministre hongrois de l'Economie, Mihaly Varga, a mis en avant la vigueur des exportations et a souligné que la demande intérieure progressait ces derniers mois, tout comme les ventes au détail.

"Le moteur allemand fonctionne à plein régime, il y a une forte hausse des volumes dans l'économie allemande, notamment dans l'industrie automobile", a déclaré Mihaly Varga avant la publication des chiffres du PIB au premier trimestre.

En Roumanie, le PIB a augmenté de 3,8%, dépassant également les attentes des analystes. La croissance roumaine a été dopée par de solides ventes au détail et une hausse à deux chiffres de la production industrielle, soutenue par les constructeurs automobiles.

A rebours de ses voisins d'Europe de l'Est, la croissance en République tchèque a stagné par rapport au dernier trimestre 2013. En glissement annuel, la croissance du PIB atteint néanmoins 2%, soit légèrement moins que prévu.

En raison de la faiblesse de l'inflation, les banques centrales de la région maintiennent une politique monétaire accommodante, ce qui pourrait encore renforcer la reprise au cours de l'année.

En Hongrie, où l'inflation annuelle a été négative en avril, la banque centrale a laissé la porte ouverte à de nouvelles baisses des taux, après avoir abaissé son principal taux directeur à 2,5%. Celui-ci était de 7% en août 2012.

La banque centrale tchèque, dont les taux sont proches de zéro, s'est dit prête à maintenir la couronne à un niveau bas pour soutenir l'économie.

(Avec les rédactions de Varsovie, Prague et Bucarest, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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